RDC: de graves exactions se déroulent aussi au Sud-Kivu, prévient le HCR

Une femme congolaise dans un camp de personnes déplacées, dans le Sud-Kivu. Photo: HCR/M.Sibiloni

10 décembre 2012 – En République démocratique du Congo (RDC), les regards sont actuellement braqués sur le Nord-Kivu, théâtre d'un conflit entre les troupes gouvernementales et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), à l'origine d'une très grave crise humanitaire. Mais de terribles exactions se déroulent aussi dans la province du Sud-Kivu, où les besoins en matière de protection sont immenses, affirme le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), ces deux dernières semaines, plus de 47.000 déplacés sont arrivés dans et autour des villes de Minova, située dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, et de Bweremana, près de la frontière entre le Sud et le Nord-Kivu. Des informations font état de tragiques incidents parmi ces populations, notamment de viols.

Les troupes gouvernementales, les rebelles du M23 et d'autres groupes armés sont tous accusés de violations des droits de l'homme au Sud-Kivu, ainsi que les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et les milices Mai Mai.

« Nous condamnons tout particulièrement ceux qui tirent profit de la situation précaire dans l'est du pays pour commettre de graves violations des droits humains, notamment des viols. Nous sommes toutefois encouragés par le fait que les autorités ont arrêté sept soldats accusés de pillages », a indiqué vendredi un porte-parole du HCR.

Une mission interagences des Nations Unies s'est rendue en fin de semaine dernière dans la région de Minova, où elle a pu vérifier sur place que des exactions directement liées au conflit – viols, pillages et présence d'hommes armés dans des installations spontanées de déplacés et des écoles– étaient monnaie courante. Ses membres ont entendu les témoignages d'au moins 72 femmes violées dans cette localité ou à proximité immédiate.

Ces cas viennent s'ajouter à au moins 76 autres qui ont été signalés par le HCR au Nord-Kivu durant les combats de novembre, sans compter les 40 qu'une ONG partenaire du HCR a recensés dans la région de Minova au cours de la même période. La mission interagences a également été informée de plusieurs cas de pillages, notamment d'articles de secours distribués aux personnes déplacées installées à Minova.

Si aucun signe de tension majeure entre ces dernières et les communautés d'accueil n'a été relevé, les prix des denrées alimentaires augmentent et l'insécurité empêche les habitants d'accéder aux champs cultivables, ce qui affecte leur capacité à générer des revenus. Au Sud-Kivu, environ 878.000 personnes étaient déplacées fin octobre, la plupart vivant dans des communautés d'accueil.


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