Une experte de l'ONU appelle la Chine à libérer le neveu d'un militant des droits de l'homme

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Margaret Sekaggya. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

7 décembre 2012 – La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Margaret Sekaggya, a exhorté vendredi les autorités chinoises à libérer immédiatement le neveu du militant des droits de l'homme Chen Guangcheng, Chen Kegui, soulignant que le gouvernement chinois devait cesser les actes de représailles contre ce militant, qui vit actuellement aux États-Unis.

« Il est difficile de voir la condamnation de Chen Kegui comme autre chose que des représailles contre Chen Guangcheng pour avoir lancé un défi au gouvernement chinois », a expliqué Mme Sekaggya dans un communiqué de presse.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Chen Kegui a été arrêté le 26 avril dernier lors d'une descente de police dans sa résidence familiale de la province du Shandong et ce, en l'absence de mandat d'arrêt. L'arrestation a eu lieu après l'évasion réussie de son oncle Cheng Guangcheng de sa résidence surveillée. Ce dernier s'était réfugié à l'ambassade des États-Unis, à Beijing, avant de finalement obtenir l'autorisation de se rendre dans ce pays pour y poursuivre ses études.

Après trois mois de détention sans communications, Chen Kegui a été condamné à trois années de prison le 30 novembre, officiellement pour avoir blessé un agent de police lors de son arrestation.

« Je condamne fermement la condamnation de Chen Kegui et exhorte les autorités à veiller à ce que les défenseurs des droits de l'homme et leurs familles ne soient pas victimes de violations de leurs droits fondamentaux dans le cadre de leurs activités pacifiques », a déclaré Mme Sekaggya.

Chen Kegui, qui affirme avoir agi en légitime défense, n'aurait pas bénéficié de l'avocat de la défense de son choix ni eu la possibilité d'appeler des témoins à décharge lors de son procès.

« Je suis particulièrement préoccupée par l'absence de représentation juridique et le fait que les membres de la famille de Chen Kegui n'aient pas pu témoigner », a ajouté Mme Sekkagya.

La Rapporteuse spéciale a rappelé que la famille Chen n'était pas la seule à être visée par des représailles pour leurs activités de défense des droits de l'homme et a appelé le gouvernement chinois a cesser toute forme de surveillance et d'intimidation, ainsi qu'à poursuivre en justice tous ceux qui se rendent coupables de violations des droits de l'homme.


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