« Israël doit respecter l'accord de cessez-le-feu avec le Hamas », demande un expert indépendant de l'ONU

Un réfugié palestinien se trouve devant un centre de distribution de vivres administré par l’UNRWA et endommagé par les récents combats entre Israël et le Hamas. Photo: UNRWA/Shareef Sarhan

5 décembre 2012 – Israël doit mettre pleinement en œuvre l'accord de cessez-le-feu qui a mis fin à la crise récente à Gaza, a estimé mercredi un expert indépendant des Nations Unies, qui a appelé la communauté internationale à exercer une pression sur l'état hébreu pour qu'il remplisse ses obligations et ouvre une enquête sur les actions récentes de ses forces armées.

« L'expérience a montré qu'Israël échoue à remplir ses obligations internationales pour enquêter rapidement et de manière impartiale sur ses propres actions », a déploré le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967, Richard Falk, qui vient de conclure une visite au Caire et dans la bande de Gaza.

« L'expérience acquise permet également de douter qu'Israël respectera ses obligations en vertu de l'accord de cessez-le-feu. En effet, au cours de notre visite à Gaza, nous avons entendu l'aviation israélienne survoler directement le secteur et avons été informés d'incursions militaires israéliennes. »

Le cessez-le-feu entre Israël et le groupe palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a été annoncé le 21 novembre dernier, à peine une semaine après le début de la vague de violences, marquée par des tirs de roquettes contre Israël en provenance de Gaza et des frappes aériennes contre la bande de Gaza.

Ces huit jours de violence ont fait 158 morts côté palestinien, dont 103 civils, et environ 1.269 blessés. Six Israéliens – quatre civils et deux soldats – auraient été tués par des tirs de roquettes palestiniens et 224 auraient été blessés, la majorité étant des civils.

M. Falk s'est rendu dans la région pour évaluer l'impact de l'occupation israélienne et du blocus de Gaza qui dure depuis six ans. Cependant, une fois sur place, il a noté un « besoin urgent d'examiner les attaques manifestement délibérées d'Israël contre des cibles civiles lors des hostilités récentes ».

M. Falk a notamment visité des sites d'attaques et s'est entretenu avec des survivants. « Il est évident que certaines attaques ont tué et blessé des civils de manière disproportionnée en violation du droit international. Les Palestiniens ont le sentiment qu'Israël se considère au-dessus de la loi et que le pays bénéficie d'une impunité même pour les violations flagrantes et répétées des droits de l'homme et du droit humanitaire », a-t-il expliqué.

M. Falk a exhorté la communauté internationale à faire pression sur Israël pour veiller à ce que le pays mette pleinement en œuvre l'accord de cessez-le-feu, en précisant qu'en l'absence d'une telle pression, il est peu probable que ce cessez-le-feu soit respecté.

« Le soutien à la récente résolution de l'Assemblée générale qui a fait de la Palestine un État observateur non-membre devrait servir de point de départ à une protection internationale plus concertée des droits palestiniens », a préconisé M. Falk.

Le Rapporteur spécial a souligné aussi le besoin de clarifier la manière dont certains aspects de l'accord devraient être mis en œuvre et en particulier ceux concernant l'accès aux ressources maritimes et agricoles, ainsi qu'aux services de base tels que l'eau potable et l'assainissement.

« Chaque jour des pêcheurs et des fermiers palestiniens risquent d'être la cible de tirs israéliens ou d'être détenus par les forces israéliennes. Depuis la conclusion de l'accord, Israël a déjà incarcéré 13 pêcheurs, confisqué quatre bateaux de pêche et coulé un autre », a expliqué M. Falk.

De telles actions montrent clairement l'intention israélienne de maintenir une occupation coercitive plutôt que d'explorer les possibilité offertes par la trêve pour un avenir plus radieux », a-t-il ajouté.

Selon le Rapporteur spécial, alors même que la reconstruction des infrastructures est indispensable pour répondre aux besoins urgents des Gazaouis, les bailleurs de fonds hésitent à investir dans des projets qui risquent d'être bombardés par Israël.

« À moins que les problèmes de fond ne soient résolus rapidement, il semblerait que Gaza devienne invivable d'ici 2020, comme le prévoit l'ONU dans un récent rapport. Certains experts avec qui nous avons discuté pensent que ce sera le cas dès 2016, une indication de la gravité de la situation des droits de l'homme dans cette zone », a affirmé M. Falk.

Lors de sa mission au Caire et à Gaza, M. Falk a rencontré des représentants des autorités et de la société civile, ainsi que des victimes et des témoins des violences. Il s'est également entretenu avec des membres du personnel de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA), qui lui ont fait un exposé sur l'ampleur des défis à surmonter à Gaza, en raison du blocus et de l'occupation israéliens.


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