Patrimoine immatériel: l'UNESCO inscrit quatre nouveaux éléments menacés d'extinction culturelle

Mmasekgwa Motlhware transmet à sa petite-fille Tumediso le savoir-faire de la poterie en terre cuite dans le district de Kgatleng au Botswana. Photo: UNESCO/S O Rampete

4 décembre 2012 – L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, les sciences et la culture (UNESCO) a annoncé mardi l'inscription de quatre nouveaux éléments sur la liste de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui consacre les pratiques et expressions transmises de génération en génération.

Parmi les éléments inscrits figurent le savoir-faire de la poterie en terre cuite dans le district de Kgatleng au Botswana ; le noken, un sac multifonctionnel noué ou tissé, produit de l'artisanat du peuple de Papouasie en Indonésie ; les tapis traditionnels kirghizes en feutre l'ala-kiyiz et le chirdak ; et le bigwala, une musique de trompes en calebasse et danse du royaume du Busoga, en Ouganda.

Les femmes de la communauté Bakgatla ba Kgafela du Botswana pratiquent l'art de la poterie en terre cuite avec de la terre glaise, du grès altéré et d'autres matériaux pour fabriquer des pots de formes, motifs et styles divers qui rappellent les croyances et les rituels traditionnels de la communauté.

« Les pots servent au stockage de la bière, à la fermentation de la farine de sorgho, à aller chercher de l'eau, faire la cuisine. Ils servent aussi au culte des ancêtres et aux rituels des guérisseurs traditionnels. La pratique est menacée d'extinction en raison du nombre décroissant de maîtres potiers, des prix bas des produits finis et de l'usage croissant de récipients produits en série », explique l'UNESCO dans un communiqué de presse.

Le noken est un filet noué ou un sac tissé à la main à partir de fibre de bois ou de feuillage par les communautés des provinces indonésiennes de Papouasie et Papouasie occidentale. Il sert à transporter les produits de la pêche ou de la chasse, du bois de chauffe, des bébés ou des petits animaux, mais aussi faire les courses et ranger les affaires à la maison.

« Le noken peut aussi se porter ou être offert en signe de paix. Cependant, le nombre d'artisans et d'utilisateurs du noken est en diminution face à la concurrence des sacs industriels et aux problèmes pour obtenir les matières premières », a souligné l'UNESCO.

L'art du tapis en feutre traditionnel est l'un des arts premiers du peuple kirghiz. Les connaissances, les techniques, la diversité, l'ornementation et les cérémonies qui s'y rapportent procurent au peuple kirghiz un sentiment d'identité et de continuité. Leur création est une entreprise communautaire menée par les femmes âgées des zones rurales montagneuses, mais la tradition risque de s'éteindre.

« Le nombre de praticiens régresse et l'absence de sauvegarde gouvernementale, le désintérêt de la jeune génération, la prédominance de tapis synthétiques à bas prix et la qualité médiocre et la rareté des matières premières ne font qu'aggraver la situation », a prévenu l'agence onusienne.

Le peuple Basoga de l'Ouganda pratique traditionnellement la musique et la danse du Bigwala lors de célébrations royales et d'événements de société. Un jeu de cinq trompettes gourdes monotones ou plus sonne à l'unisson, accompagné de batteurs de tambour, de chanteurs et de danseurs. Les paroles des chansons racontent l'histoire du peuple Basoga, en particulier celle de son roi.

« Il ne reste plus aujourd'hui que quatre anciens maîtres détenteurs des connaissances et savoir-faire du bigwala. C'est pourquoi sa pratique est peu fréquente et sa survie est réellement menacée », a affirmé l'UNESCO.

L'inscription d'un élément sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente contribue à mobiliser la coopération et l'assistance internationale pour assurer sa transmission.


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