RDC : le HCR inquiet du sort des personnes déplacées dans les deux Kivu

Un volcan surplombe le camp de Mugunga III, dans l’est de la RDC. Photo: HCR/F. Noy

4 décembre 2012 – Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a fait part mardi de son inquiétude sur la sécurité des personnes déplacées et des travailleurs humanitaires dans les camps de l'est de la RDC, après une attaque perpétrée ce week-end sur le site de Mugunga III, près de Goma.

« Il n'y a pas eu de morts ni de blessés, mais une personne au moins a reçu des coups. Par ailleurs, des logements et la pharmacie du camp ont été pillés. Six cas non confirmés de viol ont également été signalés », a indiqué le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse donnée à Genève.

Des témoins ont indiqué qu'un petit groupe d'individus extérieurs au camp avaient été repérés plus tôt dans la journée, au moment de la distribution des vivres. De toute évidence, leur intention était de savoir où vivaient les bénéficiaires de l'aide. Quelques heures plus tard, le camp était cerné par des hommes armés plus nombreux, qui ont demandé à une femme de les emmener voir le chef du camp, avant de la rouer de coups.

Ils ont ensuite fouillé des tentes, volé de l'argent, des téléphones cellulaires et des colis de vivres qui venaient d'être distribués par le Programme alimentaire mondial (PAM) à près de 1.800 familles. Une douzaine de déplacés auraient été forcés de transporter le matériel pillé hors du camp, avant d'être relâchés. D'autres pillages ont été signalés par les communautés locales établies aux abords du camp.

Des enquêtes sont actuellement menées sur les allégations de viols. Les quelques agents de police non armés qui surveillent le camp n'ont pas pu intervenir, alors que les Casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation dans le pays (MONUSCO) – également confrontés à un manque cruel de moyens – n'étaient pas en mesure de maintenir une présence permanente à Mugunga III. Le personnel du HCR, qui s'est rendu dans le camp hier, a fait part de l'inquiétude et du mécontentement des résidents.

« L'incident souligne la nécessité de sécuriser les sites accueillant des déplacés internes et d'améliorer l'accès humanitaire à ces populations », a indiqué Adrian Edwards. Au moins 30.000 personnes se trouvent actuellement sur le site de Mugunga III, 75.000 autres ayant trouvé refuge dans d'autres camps. Des milliers de déplacés vivent par ailleurs dans des installations de fortune ou sont hébergés par des communautés hôtes.

Le HCR est également confronté à une pénurie de tentes et d'articles de première nécessité pour répondre aux besoins de 12.000 familles en situation d'extrême vulnérabilité. 47.000 autres ont également besoin d'abris. L'ONU évalue à 130.000 le nombre de personnes nouvellement déplacées du fait de l'instabilité récente dans et autour de Goma. Elles s'ajoutent aux 841.000 personnes déjà déplacées avant cette toute dernière vague d'insécurité dans le Nord-Kivu.

Au Sud-Kivu, d'après le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), 878.000 personnes étaient déplacées à la fin du mois d'octobre, la quasi-totalité d'entre eux vivant dans des communautés d'accueil.

Les combats autour de Saké, au Nord-Kivu, ont contraint environ 18.500 Congolais à fuir leurs foyers en direction du Sud-Kivu, où ils se sont réfugiés autour de Minova.

Le HCR souligne que ces chiffres ne sont qu'une estimation préliminaire, car ils ne prennent pas en compte le fait que certaines personnes ont été déplacées à plusieurs reprises (et qu'à ce titre, elles auraient pu être comptabilisées plus d'une fois) ou les retours récents.


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