Le Coordonnateur humanitaire de l'ONU en RDC appelle à renforcer l'action à Goma

Des membres du groupe rebelle M23 se retirent de Goma a bord d'un camion. Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

3 décembre 2012 – Douze jours après la prise de Goma par le mouvement rebelle du M23, le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies République démocratique du Congo (RDC), Moustapha Soumare, a affirmé lundi que la situation humanitaire et de protection dans la province du Nord-Kivu reste extrêmement préoccupante.

« Au moins 130.000 personnes sont encore déplacées dans la zone de Goma, dans différents sites spontanés et camps organisés. La majorité de ces personnes ont fui les affrontements de ces deux dernières semaines pour se réfugier dans et autour de Goma », a rappelé M. Soumare dans un communiqué de presse.

Au moment où les décisions de la Déclaration de Kampala commencent à se mettre en œuvre et que le M23 se retire de la ville de Goma, et au-delà des efforts déjà déployés par la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) et les partenaires internationaux, la protection des populations civiles devra être la priorité de tous, dans une ville aussi vaste que Goma et ses alentours où vivent près de 800.000 habitants.

En attendant que le contrôle de la ville de Goma revienne entièrement aux autorités congolaises, on ne peut exclure la possibilité de pillages ou de nouvelles violences.

« En vertu du droit international humanitaire, je lance un appel pour le respect des obligations qui incombent à toutes les parties pour la protection de toutes les populations civiles », a indiqué M. Soumare.

Dans l'immédiat, les acteurs humanitaires vont redoubler d'efforts sur le terrain pour apporter une aide humanitaire d'urgence aux personnes qui en ont le plus besoin. De l'eau, des vivres, des soins médicaux notamment pour les blessés de guerre, ou encore des biens de première nécessité, continuent à être apportés quotidiennement aux personnes déplacées par les nombreuses ONGs et agences de l'ONU opérant sur place.

Les actions de protection humanitaire, telles que l'assistance aux victimes de violences sexuelles ou la réunification familiale des enfants séparés, sont également essentielles dans ce contexte. Les humanitaires vont également faire face à un défi supplémentaire avec la contamination de nombreuses zones – notamment au nord de Goma - par des restes d'explosifs de guerre.

Une partie des déplacés a déjà choisi de quitter certains camps surpeuplés de Goma pour retourner dans leurs zones d'origine où les combats se sont arrêtés. Cependant, des milliers d'autres personnes continuent de fuir les attaques brutales de groupes armés qui se multiplient dans d'autres zones du Nord Kivu, en particulier le Masisi. Dans ce contexte, la situation va demeurer volatile et des centaines de milliers de personnes vont rester vulnérables et en besoin d'aide d'urgence pour leur survie.

« Je salue l'esprit d'abnégation dont les acteurs humanitaires font preuve en continuant à œuvrer à Goma et dans le reste de la zone dans des conditions sécuritaires extrêmement précaires. Pour que les efforts en cours se poursuivent, j'appelle toutes les parties à assurer aux acteurs humanitaires un accès sans restriction aux populations en détresse où qu'elles se trouvent, et à assurer la protection des populations bénéficiaires et leur accès à l'aide », a déclaré M. Soumare.

« Je formule les vœux pour que les initiatives qui sont en cours au plan régional puissent aboutir à une résolution effective et définitive de cette crise devenue répétitive dans l'Est de la République », a-t-il ajouté.


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