Lakhdar Brahimi lance au Conseil de sécurité un appel à l'unité pour résoudre la crise en Syrie

Le Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes en Syrie, Lakhdar Brahimi. Photo: ONU/Mark Garten

29 novembre 2012 – Le Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a appelé jeudi le Conseil de sécurité à faire preuve d'unité et à adopter un plan qui constituerait la base d'un processus politique dans ce pays du Moyen-Orient, déchiré par les violences depuis 21 mois.

« La situation en Syrie n'est pas seulement mauvaise, elle ne cesse de s'aggraver », a indiqué M. Brahimi aux journalistes à la sortie du Conseil de sécurité, où il était venu faire un exposé sur les récents développements dans le pays. « Malheureusement, les parties elles-mêmes ne sont pas prêtes à une solution interne », a-t-il ajouté. « La région n'est pas non plus vraiment capable à l'heure actuelle de faciliter une solution politique. Le seul endroit où une telle solution peut prendre forme est le Conseil de sécurité », a-t-il estimé.

Après un triple véto sino-russe sur des projets de résolution successifs, le Conseil de sécurité n'est pas encore parvenu à trouver un accord sur les moyens de résoudre la crise.

M. Brahimi a déclaré avoir proposé un plan susceptible de mener à un processus politique. Toutefois, ses éléments ne peuvent pas être regroupés tant que le Conseil de sécurité n'est pas prêt à adopter une résolution comme base d'un processus politique.

Le Représentant spécial a noté qu'une telle résolution devrait s'appuyer sur le communiqué publié en juin à Genève par le Groupe d'action sur la Syrie et soutenu par les Nations Unies. Ce groupe comprend les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis et la France, ainsi que la Turquie, la Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et les Ministres des affaires étrangères de l'Iraq, du Koweït et du Qatar, en leur qualité de membres de la Ligue arabe.

« Ce qui devrait figurer dans cette résolution, je pense, c'est un processus dont les grandes lignes ont été tracées à Genève et qui débuterait par la mise en place d'un organe gouvernemental de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs et s'achèverait par la tenue d'une élection. »

M. Brahimi a également noté que pour qu'un processus politique soit initié, un cessez-le-feu était nécessaire de toute urgence. De nombreux appels en ce sens ont été lancés, sans succès, y compris le dernier en date par M. Brahimi lui-même, à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.

« Ce qu'il faut de toute urgence, c'est un cessez-le-feu durable, mais pour qu'il tienne, il doit être appliqué scrupuleusement et à cette fin, une opération de maintien de la paix devrait être déployée dans le pays », a souligné M. Brahimi.

Vendredi, M. Brahimi a prévu d'informer l'Assemblée générale de la situation en Syrie.

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