Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien : Ban réitère son soutien à la solution à deux États

29 novembre 2012 – À l'occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, observée chaque année le 29 novembre, le Secrétaire général Ban Ki-moon a rappelé que, alors que 65 ans se sont écoulés depuis que l'Assemblée générale des Nations Unies a proposé la partition du territoire sous mandat en deux États – Israël et la Palestine –, la concrétisation de cette solution aurait dû intervenir depuis longtemps.

La date du 29 novembre a été retenue en raison de sa signification particulière pour le peuple palestinien. Ce jour-là en effet, l'Assemblée générale a adopté, en 1947, la résolution 181, connue par la suite sous le nom de résolution sur le plan de partage, qui prévoyait la création en Palestine d'un « État juif » et d'un « État arabe ». Cette date-anniversaire coïncide cette année avec le vote, cet après-midi par l'Assemblée générale, d'un projet de résolution qui, en cas d'adoption, permettrait à la Palestine d'obtenir le statut d'État non membre observateur à l'Assemblée.

« La concrétisation de la solution à deux États, en faveur de laquelle Israël comme les Palestiniens se sont engagés, aurait dû intervenir depuis longtemps », déclare M. Ban dans son message.

« Au cours de mon récent voyage au Moyen-Orient, suite à l'escalade dangereuse de la violence à Gaza et en Israël, j'ai pu constater à nouveau les conséquences catastrophiques – en particulier pour les populations civiles – de l'absence d'un règlement permanent du conflit», souligne-t-il. Le Secrétaire général était la semaine dernière dans la région, où il a pris part aux efforts diplomatiques qui ont permis la négociation d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.

« Il est indispensable de respecter le cessez-le-feu conclu la semaine dernière, qui a mis fin à plus d'une semaine de violences dévastatrices à Gaza et dans le sud d'Israël. Il ne doit plus y avoir de tirs de roquettes depuis Gaza, tirs que j'ai à maintes reprises condamnés. Les questions toujours en suspens depuis l'adoption en janvier 2009 par le Conseil de sécurité de la résolution 1860 doivent être réglées une fois pour toute, à savoir mettre fin au bouclage, empêcher le trafic illicite d'armes et réaliser la réconciliation palestinienne », plaide M. Ban.

Les grandes lignes d'un accord de paix sont claires depuis longtemps, estime-t-il dans son message. Elles figurent dans les résolutions du Conseil de sécurité, les Principes de Madrid – y compris l'échange de terres contre la paix – la Feuille de route, l'Initiative de paix arabe de 2002 et les accords existants entre les parties. Il faut désormais que les parties prenantes fassent preuve de volonté et de courage politiques ainsi que d'un sens de responsabilité historique et d'une vision pour les jeunes générations, affirme le Secrétaire général.

« Les questions liées au statut final ne pourront être réglées que par des négociations directes. Il reste toutefois encore beaucoup à faire pour créer les conditions qui permettront la reprise de négociations crédibles et concrètes et de préserver la viabilité de la solution à deux États », relève Ban Ki-moon.

Selon lui, l'unité palestinienne à l'appui d'une solution à deux États négociée est indispensable pour pouvoir créer un État palestinien à Gaza et en Cisjordanie. Les Palestiniens doivent absolument surmonter leurs divisions, sur la base des engagements pris par l'Organisation de libération de la Palestine, des positions du Quatuor et de l'Initiative de paix arabe, enjoint le Secrétaire général.

Le chef de l'ONU juge tout aussi important de préserver les résultats louables des efforts d'édification de la nation déployés par l'Autorité palestinienne en Cisjordanie et pour assurer la nécessaire continuité territoriale. La poursuite des implantations en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, est contraire au droit international et à la Feuille de route et doit donc cesser, rappelle-t-il.

« La communauté internationale n'acceptera pas les mesures prises unilatéralement sur le terrain. Il faut également permettre la mise en valeur et l'urbanisation de la zone C dans des conditions satisfaisantes, au lieu des démolitions et de la confiscation des terres. Israël poursuit la construction du mur sur des terres qui se trouvent en Cisjordanie, en violation de l'Avis consultatif de la Cour internationale de Justice. La violence accrue dont font preuve les colons, qui se traduit par des blessés dans la population palestinienne et des dégâts aux biens, est également préoccupante ».

Face à ces nombreux obstacles à la réalisation de leur aspiration légitime à un État, les Palestiniens ont décidé de demander le statut d'État non membre observateur à l'Assemblée générale. C'est aux États Membres de se prononcer sur cette demande. Il importe que tous ceux concernés le fassent de manière responsable et constructive, a souligné le Secrétaire général.

Une paix juste et durable, souhaitée par des générations de Palestiniens et d'Israéliens, une paix qui mettra fin à l'occupation qui a commencé en 1967 et au conflit et une paix qui garantira l'existence d'un État de Palestine indépendant, viable et souverain aux côtés d'un État d'Israël en sécurité, reste à réaliser. « Je demande à Israël et aux dirigeants palestiniens de faire preuve de vision et de détermination. J'exhorte par ailleurs la communauté internationale à les aider à définir une voie politique crédible qui répondra aux aspirations légitimes des deux parties », dit-il.

« Je m'engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour contribuer à la réalisation de cet objectif. En cette journée internationale, je compte sur tous ceux concernés pour qu'ils travaillent ensemble afin de concrétiser la solidarité en action positive pour la paix », conclut le Secrétaire général.


News Tracker: autres dépêches sur la question

Le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient souligne l'urgence de raviver la solution à deux États

En savoir plus





Plus de vidéo »


Coup de projecteur