Le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient souligne l'urgence de raviver la solution à deux États

Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, salue un garçon Palestinien lors de sa visite à Gaza le 25 novembre dernier. Photo: ONU/Shareef Sarhan

27 novembre 2012 – Moins d'une semaine après la fin des hostilités entre Israël et le Hamas, le Conseil de sécurité a entendu mardi le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, qui a estimé que le statu quo était devenu intenable.

Cet exposé périodique sur la situation au Moyen-Orient s'est déroulé alors que le 21 novembre, un accord de cessez-le-feu, facilité par l'Égypte, a été conclu entre les parties au conflit, et que le 29, l'Assemblée générale des Nations Unies se prononcera sur une demande d'admission de la Palestine en tant qu'État observateur non membre des Nations Unies.

« Ces deux développements essentiels nous rappellent que le statu quo est intenable et qu'il est vital d'identifier les moyens de relancer le processus de paix », a plaidé M. Serry. « La passion qui entoure la demande d'admission de la Palestine en tant qu'État observateur non membre témoigne de la distance actuelle entre les parties. »

Le Coordonnateur spécial a rappelé que le Secrétaire général, qui avait dressé le bilan de sa mission au Moyen-Orient devant les quinze membres du Conseil le 21 novembre, lui avait demandé de rester au Caire pour observer le respect du cessez-le-feu et contribuer à la recherche d'un accord sur les éléments essentiels de ce cessez-le-feu.

« Dans l'accord qu'ils ont signé, Israël et les factions palestiniennes ont en effet convenu de cesser toutes les hostilités et d'entamer, à l'issue d'une trêve de 24 heures, des discussions sur les questions sous-jacentes au conflit en vue de parvenir à un cessez-le-feu définitif », a-t-il précisé.

Rappelant que la résolution 1860 de 2009 fournissait le cadre juridique international d'une stabilisation durable de la situation à Gaza, le Coordonnateur spécial a déploré que les éléments clefs contenus dans ce texte n'aient pas encore été mis en œuvre, en particulier ses volets relatifs à la fin de la contrebande d'armes et à l'ouverture des points de passage.

« L'accord de cessez-le-feu fournit le cadre de discussion d'une ouverture de ces points de passage et d'une facilitation de la libre circulation des personnes et des biens, tout en prévoyant la fin des hostilités dirigées contre des civils résidant dans les zones frontalières », a précisé le Coordonnateur spécial.

Il s'est félicité qu'Israël ait accepté le principe d'étendre la zone de pêche le long des côtes de Gaza à six milles marins en précisant que cela reste néanmoins insuffisant. Selon M. Serry, il est nécessaire qu'Israël autorise également les importations de matériaux de construction par les points de passage existants et que les parties prenantes favorisent la réconciliation intrapalestinienne.

« J'espère que cette crise à Gaza sera l'occasion pour les factions palestiniennes de surmonter durablement leurs divergences », a-t-il souhaité, en estimant que les populations de Gaza et de Cisjordanie n'attendaient rien de moins de leurs dirigeants.

De retour d'un déplacement à Gaza le 25 novembre, le Coordonnateur spécial a fait le bilan « de la violence dévastatrice » qui a touché la bande de Gaza. « 158 Palestiniens ont été tués, parmi lesquels 103 civils, dont 33 enfants et 13 femmes, ainsi que six Israéliens, dont 4 civils et 2 soldats », a-t-il précisé.

Indépendamment de ce que décidera l'Assemblée le 29 novembre quant à la demande de la Palestine, M. Serry a déclaré qu'il était crucial de penser à ce qui se passera le jour d'après et de sauvegarder les avancées capitales enregistrées dans l'édification d'institutions palestiniennes solides. Les mesures prises par le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le Premier Ministre, Salam Fayyad, ont permis d'instaurer une véritable sécurité et d'améliorer la situation économique. Ces progrès risquent aujourd'hui d'être anéantis. Les deux dirigeants, qui doivent être félicités pour ces réalisations, doivent être protégés, a-t-il insisté.

Quant au Quatuor, sa crédibilité est aujourd'hui en jeu, selon M. Serry. Tout en rappelant que la Ligue des États arabes envisageait de modifier sa position vis-à-vis du processus de paix, M. Serry a souligné qu'il y avait « urgence » pour le Quatuor de redéfinir son rôle afin d'aller de l'avant.

« La solution à la question palestino-israélienne, sous la forme d'une solution négociée à deux États, constitue la meilleure contribution que la communauté internationale peut apporter à la stabilité régionale », a ajouté M. Serry.


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