Le dégel des sols riches en matières organiques pourrait aggraver le réchauffement planétaire

Le glacier de Jorge Montt, en Patagonie du Sud. Photo: NASA

27 novembre 2012 – Selon un rapport publié mardi par le Programme des Nations Unis pour l'environnement (PNUE), les décideurs politiques et les scientifiques se préparer à des émissions importantes de dioxyde de carbone et de méthane provenant du pergélisol, c'est-à-dire les sols, sous-sols ou roches qui se maintiennent à une température négative égale ou inférieure à 0°C pendant une période d'au moins deux ans.

On estime que le pergélisol, qui couvre près d'un quart de l'hémisphère Nord, pourrait contenir jusqu'à 1.700 gigatonnes de dioxyde de carbone, soit le double de la quantité actuellement présente dans l'atmosphère. Si la fonte des glaces se poursuit au rythme prévu par les prévisions climatiques, la libération des gaz à effet de serre stockés dans les glaces du pergélisol amplifierait le réchauffement climatique de manière significative.

« Le pergélisol est l'une des clés pour l'avenir de la planète car il contient une quantité importante de matière organique gelée qui, une fois décongelée et libérée dans l'atmosphère, devrait amplifier le réchauffement actuel de la planète, tout en nous propulsant vers un monde beaucoup plus chaud que prévu », a déclaré le Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner, dans un communiqué de presse.

« L'impact potentiel de la fonte du pergélisol sur le climat, les écosystèmes et les infrastructures a été négligé pendant trop longtemps. Ce rapport cible les négociateurs du traité sur le climat, les décideurs politiques et le grand public. Il a pour but de sensibiliser ces derniers aux conséquences qui pourraient découler d'une sous-estimation des défis liés au réchauffement du pergélisol », a-t-il ajouté.

Le rapport recommande au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC) de mener une évaluation spéciale sur le pergélisol, ainsi que de mettre en place des réseaux de surveillance et des plans nationaux d'adaptation. Ces étapes sont indispensables pour faire face aux impacts potentiels de cette source importante d'émissions de gaz à effet de serre (GES) qui pourrait rapidement devenir un facteur majeur du réchauffement climatique.

La glace du pergélisol s'est formée pendant ou depuis la dernière période glaciaire et s'enfonce jusqu'à des profondeurs de plus de 700 mètres dans certaines régions du nord de la Sibérie et du Canada. Le pergélisol se compose d'une couche active pouvant mesurer jusqu'à deux mètres d'épaisseur. Cette couche active dégèle chaque été et gèle de nouveau chaque hiver. En dessous de cette couche, le sol est gelé en permanence.

Si la couche active devait varier en épaisseur à cause du réchauffement climatique, d'énormes quantités de matières organiques stockées dans les sols gelés commenceraient à se décongeler et à se décomposer, libérant progressivement de grandes quantités de CO2 et de méthane dans l'atmosphère, avec les conséquences négatives que l'on sait.


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