L'ONU réfléchit aux moyens de garantir la liberté d'expression et la sûreté des journalistes

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies à la communication et à l’information, Peter Launsky-Tieffenthal (au centre), lors d’une réunion à l’École internationale des Nations Unies. Photo: UNIS

23 novembre 2012 – Des responsables des Nations Unies ont souligné jeudi la nécessité de défendre la liberté d'expression et de veiller à la sûreté des journalistes, alors que 2012 est en passe de devenir l'une des années les plus meurtrières pour les personnels des médias couvrant non seulement les conflits, mais aussi les activités illégales dans leurs pays.

« La réunion d'aujourd'hui ne pouvait pas être plus opportune », a estimé la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour la science, l'éducation et la culture (UNESCO), Irina Bokova, dans un message adressé à l'occasion de la tenue, à Vienne, hier et aujourd'hui, de la seconde réunion inter-agences des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité (UNOV).

« Plus de 100 journalistes ont été tués cette année jusqu'à présent, faisant de 2012 l'année la plus meurtrière pour les médias depuis que l'UNESCO a commencé à comptabiliser les meurtres de journalistes. Et nous ne sommes qu'en novembre. »

La réunion, à laquelle participent des représentants d'agences des Nations Unies, de médias, de gouvernements et de la société civile, ainsi que des experts indépendants, a pour objectif d'élaborer une stratégie de mise en œuvre concrète sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité pour 2013-2014.

Parmi les journalistes tués cette année dans l'exercice de leurs fonctions, 32 l'ont été en Syrie et 18 en Somalie. Toutefois, l'immense majorité n'était pas des correspondants de guerre, a précisé Mme Bokova, mais des reporters locaux qui couvraient des activités telles que le trafic de stupéfiants et l'abattage illégal des forêts.

« Nous devons briser ce cercle vicieux qui réduit au silence les journalistes, prive la société de voix importantes et intimide les autres citoyens, en les empêchant de s'exprimer librement », a-t-elle affirmé dans son allocution, prononcée en son nom par le Sous-Directeur général pour la communication et l'information de l'UNESCO, Janis Karklins.

Mme Bokova a réitéré l'engagement de l'UNESCO à promouvoir la sûreté des journalistes et la lutte contre l'impunité au niveau mondial, encourageant les participants à sensibiliser à l'importance de la liberté d'expression.

A l'ouverture de la réunion, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies à la communication et à l'information, Peter Launsky-Tieffenthal, a prévenu que les attaques contre les journalistes touchaient l'ensemble de la société, les citoyens étant menacés d'être réduits au silence.

« Ces attaques – non seulement les meurtres et les agressions physiques – mais aussi les enlèvements, les actes de harcèlement, les arrestations et détentions arbitraires – ont un impact qui va bien au-delà des souffrances individuelles des personnes concernées », a-t-il expliqué.

« Elles font reculer la liberté d'expression et le droit de chacun à vivre en tant que citoyens informés dans des sociétés pacifiques. Elles visent à réduire au silence les journalistes et, par voie de conséquence, chacun d'entre nous. »

M. Launsky-Tieffenthal a tout particulièrement souligné le nombre de journalistes pris pour cible pendant les conflits. « Au cours de la semaine écoulée, à Gaza et dans le sud d'Israël, nous avons reçu des informations troublantes selon lesquelles des journalistes et leurs bureaux ont été visés. Nous condamnons ces attaques et j'exhorte toutes les parties à respecter le statut civil des journalistes et leur droit d'assumer leurs responsabilités professionnelles », a enjoint M. Launsky-Tieffenthal.

La nouvelle Stratégie de mise en œuvre concrète sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité pour 2013-2014 devra prendre en compte le paysage en perpétuelle évolution des médias pour veiller à ce que les lois protègent non seulement les journalistes, mais aussi les blogueurs et les reporters de nouveaux médias, a ajouté le Secrétaire général adjoint.

La seconde réunion inter-agences des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité était organisée par l'UNESCO, en coopération avec le Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH), l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).


News Tracker: autres dépêches sur la question

L'UNESCO condamne la mort de trois journalistes palestiniens tués dans des frappes aériennes contre Gaza

En savoir plus





Coup de projecteur