Hervé Ladsous plaide pour une solution politique dans l'est de RDC tout en assurant que les Casque bleus resteront à Goma

21 novembre 2012 – Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a souligné mercredi la nécessité de trouver une solution politique à la situation provoquée par les activités du Mouvement du 23 mars (M23), dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), tout en assurant que les Casques bleus continueraient de protéger les civils.

« Au-delà des opérations militaires, il est manifestement nécessaire d'accorder la priorité à la recherche d'une solution politique », a estimé M. Ladsous devant les journalistes à la sortie du Conseil de sécurité, qui s'est réuni dans la journée pour des consultations à huis clos portant sur les évènements dans l'est de la RDC.

Le Conseil s'est réuni après que le M23, un groupe rebelle formé de renégats des Forces armées de la RDC (FARDC), a pris le contrôle Goma, capitale de la province du Nord-Kivu. Mardi soir, il avait adopté une résolution demandant le retrait immédiat de ces troupes.

L'offensive du M23 a déplacé 60.000 personnes de plus dans une région qui en compte déjà des centaines de milliers. Dans ses efforts pour appuyer les FARDC – un des volets de son mandat – la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a déployé des hélicoptères de combat.

La MONUSCO dispose de près de 1.500 Casques bleus à Goma et d'encore 6.700 et 4.000 dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, respectivement, dont une partie se trouvent désormais derrière les lignes du M23.

M. Ladsous a affirmé à la presse que la réunion organisée mardi par la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) à Kampala, en Ouganda, où se sont réunis le Président de la RDC, Joseph Kabila, et son homologue du Rwanda, Paul Kagamé, était un bon exemple d'initiative permettant d'avancer vers une solution politique.

Selon lui, la réunion de la CIRGL reflète une volonté « d'examiner de plus prêt la proposition de déployer une force internationale neutre, qui reste pour l'instant à l'état conceptuel ». Il a souligné que l'ONU soutient l'organisation régionale pour la concrétiser.

Le Secrétaire général adjoint a affirmé que les Casques bleus de la MONUSCO allaient poursuivre leur mission, en effectuant des patrouilles régulières et en surveillant l'aéroport de la ville de Goma.

« Ils doivent soutenir les FARDC et protéger les civils. Je pense que les patrouilles peuvent avoir un effet dissuasif sur d'autres éventuelles attaques. N'oublions pas que la MONUSCO dispose de bases et de camps plus au nord, loin derrière les lignes du M23, et que les Casques bleus s'efforcent de s'acquitter de leur obligation de protection des civils, inscrite dans leur mandat », a rappelé M. Ladsous.

Mais le Secrétaire général adjoint a souligné les difficultés des Casques bleus à fournir un appui aux FARDC contre les combattants du M23 – des informations faisant état de militaires congolais prenant la fuite ou remettant leurs armes à l'ennemi.

« C'est difficilement réalisable dans un contexte où il n'y a pas de FARDC à appuyer et que ce n'est pas le rôle ni le mandat de la MONUSCO de s'en prendre directement aux groupes armés, quels qu'ils soient », a relevé M. Ladsous.

Le chef des opérations de maintien de la paix a également évoqué la situation humanitaire sur le terrain qui, outre le déplacement de 60.000 civils, est marquée par des exécutions sommaires, l'enrôlement forcé d'enfants dans les rangs du M23, des allégations de violences sexuelles et autres graves violations des droits de l'homme.

« Il est clair que les responsables de ces souffrances doivent être tenus comptables de leurs actes », a-t-il déclaré.

Plus tôt dans la journée, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la RDC, Roger Meece, avait lui aussi informé les membres du Conseil de la situation sur place, leur expliquant que le M23 occupait une partie notable de la province du Nord-Kivu et y avait établi une structure formelle d'administration et de gouvernement. « Il y a été fait état de nombreux cas d'exécutions sommaires, de recrutement d'enfants et de violences sexuelles », a-t-il précisé.

S'il a pris possession de Goma, M. Meece a ajouté que le M23 ne jouissait pas d'un large appui dans le Nord-Kivu et qu'il n'avait pas réussi à établir une base d'appui ailleurs que dans sa principale zone d'occupation.

M. Meece a affirmé que les forces de ce mouvement étaient bien approvisionnées en uniformes, armes et munitions qui, « de toute évidence », ne proviennent pas des stocks des Forces armées de la RDC (FARDC).

« Elles ont toutes les caractéristiques d'une force militaire importante et disciplinée capable de tactiques sophistiquées, y compris d'opérations nocturnes qui ne relèvent pas des performances traditionnelles », a affirmé le Représentant spécial.


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