RDC : le Conseil de sécurité demande au M23 de se retirer immédiatement de Goma

Des personnes déplacées par les combats entre le M23 et les FARDC dans les environs de Goma. Photo: MONUSCO/Sylvain Liechti

21 novembre 2012 – Le Conseil de sécurité a exigé mardi soir du Mouvement du 23 mars (M23) le retrait immédiat de la ville de Goma et demandé au groupe de stopper ses avancées et de déposer les armes de manière permanente.

La résolution que la Conseil a adoptée à l'unanimité de ses quinze membres reprend des éléments de la déclaration adressée à la presse samedi : outre cette demande au groupe rebelle, elle envisage de nouvelles sanctions ciblées contre son leadership et tous ceux qui lui fournissent un appui extérieur et agissent en violation du régime des sanctions et de l'embargo sur les armes.

Formé au printemps dernier par des mutins de l'armée congolaise, le M23 est actuellement dirigé par le colonel Sultani Makenga, accusé de graves violations des droits de l'homme. Dans la nuit de vendredi à samedi, les renégats ont lancé une série d'attaques à l'arme lourde contre les Forces Armées de la RDC (FARDC) dans les localités de Kibumba et Mboga et les collines de Ruhondo, avant de se diriger vers Goma.

Le Secrétaire général est prié par le Conseil e lui présenter, « dans les prochains jours », un rapport sur les allégations de soutien extérieur au M23 sur lesquelles il demande aussi à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) d'enquêter.

S'exprimant ce matin même depuis Kinshasa par visioconférence, le Représentant spécial de M. Ban pour la RDC, Roger Meece, a confirmé que la rébellion du M23 manifestait des « signes d'appui extérieur ».

M. Meece a affirmé que les forces de ce mouvement étaient bien approvisionnées en uniformes, armes et munitions qui, « de toute évidence », ne proviennent pas des stocks des Forces armées de la RDC (FARDC). « Elles ont toutes les caractéristiques d'une force militaire importante et disciplinée capable de tactiques sophistiquées, y compris d'opérations nocturnes qui ne relèvent pas des performances traditionnelles », a affirmé le Représentant spécial.

Il s'est aussi inquiété des vides sécuritaires provoqués par le début de la rébellion du M23, précisant que 260 civils avaient été massacrés dans le district de Masisi suite à des accrochages entre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et le groupe associé Maï-Maï Nyatura, d'une part, et un réseau de groupes locaux connu sous le nom de Raia Mutumboki, de l'autre.

Toutes ces menaces, a averti Roger Meece, ont poussé au maximum les ressources de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) qui n'a plus les capacités d'ouvrir une nouvelle base militaire sans devoir en fermer une autre ailleurs dans le pays, d'où l'importance d'une coordination et d'une collaboration rapprochée avec les FARDC et le Gouvernement congolais.

Aux termes de la résolution adoptée aujourd'hui, Ban Ki-moon devra par ailleurs, également « dans les jours qui viennent », « présenter les options et implications d'un redéploiement possible des contingents de la MONUSCO et d'autres multiplicateurs de force, capacités d'observation et troupes, qui pourraient améliorer la capacité de la Mission à mettre en œuvre son mandat, y compris protéger les civils et surveiller les flux d'armes aux frontières de l'est de la RDC ».

Il devra enfin présenter les options pour « un dialogue de haut niveau entre les parties concernées pour examiner les causes sous-jacentes des crises politiques, de sécurité et humanitaire dans l'est de la RDC ». Il était prévu que les Président congolais et rwandais se rencontrent aujourd'hui dans le cadre de la CIRGL.


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