Irina Bokova demande une enquête sur la mort en détention d'un blogueur iranien

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova. Photo: UNESCO/Ania Freindorf

15 novembre 2012 – La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a demandé aujourd'hui qu'une enquête soit menée sur les circonstances qui entourent la mort, le 6 novembre, du blogueur iranien Sattar Beheshti.

« Je suis profondément préoccupée par la mort en prison de Sattar Beheshti », a déclaré la Directrice générale. « J'exhorte les autorités à enquêter sur le cas de Sattar Beheshti et les circonstances exactes de sa mort ».

« Il est essentiel de respecter le droit des journalistes citoyens et professionnels à s'exprimer sans craindre pour leur vie. La liberté d'expression est un droit de l'homme fondamental et une composante essentielle de la démocratie, de la gouvernance et de l'État de droit ».

Sattar Beheshti, 35 ans, tenait un blog, Magalh 91, dans lequel il commentait la politique et des droits de l'homme. Il a été arrêté fin octobre. Son corps, qui a été rendu à la famille pour être inhumé, portait apparemment des signes de violence.

« Il ne saurait y avoir de tolérance vis-à-vis de la torture », a souligné de son côté le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed, dans une déclaration conjointement publié avec son homologue sur la torture, Juan Mendez, ainsi qu'avec le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christof Heyns, et le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue.

« Les individus suspectés d'être impliquées dans ce genre de crimes atroces doivent impérativement faire l'objet d'enquêtes et de poursuites légales. Si cela n'est pas assuré, ça promeut le développement d'une culture d'impunité », a ajouté M. Shaheed.

Les experts indépendants de l'ONU ont exprimé leur consternation à l'annonce du décès de M. Besheti, rappelant que les autorités iraniennes devraient verser des réparations à la famille de la victime.

« Lorsqu'un individu meurt des conséquences de blessures subies en étant détenu par les autorités, il y a une présomption de responsabilité de l'État », a affirmé M. Heyns en ajoutant que la récurrence de ce type de décès en détention peut uniquement prendre fin avec des enquêtes sur les cas de suspicion de torture, conformément aux normes internationales des droits de l'homme.

Le groupe d'experts a appelé le gouvernement iranien à libérer les journalistes et blogueurs emprisonnés en violation des articles 9 et 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politique et à leur verser une compensation et à leur rendre justice.


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