L'ONU déterminée à tirer les leçons de sa gestion du conflit au Sri Lanka

Le Secrétaire général reçoit le rapport du groupe chargé d’évaluer la réponse du système des Nations Unies au Sri Lanka lors du conflit en 2009 des mains de son Président, le Sous-Secrétaire général Charles Petrie. Photo: ONU/Eskinder Debebe

14 novembre 2012 – Transmis mercredi au Secrétaire général, le rapport du groupe d'experts chargé de se livrer à « un examen exhaustif de l'action du système des Nations Unies pendant la guerre au Sri Lanka », conclut que celui-ci n'a pas réussi à faire face à ses responsabilités, révèle une déclaration officielle du porte-parole de Ban Ki-moon.

De 1983 à mai 2009, une guerre civile a opposé le gouvernement du Sri Lanka aux Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE). « La conduite de la guerre au Sri Lanka en 2009, au cours des derniers mois, avait suscité de profondes inquiétudes au sujet des violations présumées des droits de l'homme et du droit international humanitaire », rappelle M. Ban dans la déclaration.

En 2010, suite à un accord avec le Président Mahinda Rajapaksa, le Secrétaire général avait créé un Groupe d'experts chargé de le conseiller sur les mesures à prendre pour promouvoir la responsabilité dans ce pays. Ses membres avaient soulevé un nombre de questions importantes, y compris celle concernant la réponse des Nations Unies à la situation « terrible » des civils dans le nord du Sri Lanka.

Dans un second temps, M. Ban avait mis sur pied un nouveau Groupe chargé de suivre la recommandation du précédent de se livrer à un « examen exhaustif » de l'action du système des Nations Unies pendant la guerre, puis de la mise en œuvre de ses mandats humanitaires et de protection. C'est ce rapport, fruit d'un travail de huit mois, qui lui a été remis ce matin même.

« Le rapport conclut que le système des Nations Unies n'a pas réussi à faire face à ses responsabilités, en mettant l'accent, en particulier, sur le rôle joué par le Secrétariat, les organismes et programmes de l'Équipe de pays des Nations Unies et les membres du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l'homme. »

« Ces conclusions », souligne le Secrétaire général, « ont des implications profondes sur nos travaux à travers le monde et je suis déterminé à ce que les Nations Unies tirent les leçons appropriées et mettent tout en œuvre pour gagner la confiance des populations, notamment celles prises dans des conflits et qui se tournent vers l'Organisation pour obtenir son aide », a reconnu M. Ban.

Le rapport du Groupe reconnaît les initiatives prises au lendemain des événements au Sri Lanka, relève-t-il. « Néanmoins, je suis pleinement engagé à ce que nous fassions davantage », a souligné M. Ban.

Comme première étape, il établira immédiatement une équipe de haut niveau chargée d'examiner les recommandations du rapport publié aujourd'hui et de le conseiller sur la marche à suivre. « D'autres actions suivront à brève échéance », a-t-il promis.

Dans la déclaration communiquée par le porte-parole, le Secrétaire général justifie sa décision de publier le rapport par souci de transparence, puisque la responsabilité est selon lui d'une importance essentielle pour la légitimité et la crédibilité de l'ONU.

« Dès le début de mon premier mandat, je me suis engagé à renforcer le rôle des Nations Unies et leur mission principale, qui consiste à protéger les peuples de toute menace. Les événements d'aujourd'hui en Syrie nous rappellent le caractère crucial de ce travail », a a-t-il estimé.

« Notre devoir envers l'humanité est de surmonter nos échecs, d'apprendre de nos erreurs, de renforcer nos réponses et d'agir utilement et efficacement pour l'avenir. Ces principes et objectifs m'ont conduit à créer ce Groupe et nous guideront dans l'examen de ses conclusions », a assuré le Secrétaire général en conclusion.


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