Navi Pillay : l'Indonésie doit redoubler d'efforts contre la discrimination et la violence

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, à la sortie du Conseil de sécurité le 2 juillet 2012.

13 novembre 2012 – La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exhorté mardi le gouvernement de l'Indonésie à redoubler d'efforts pour faire face à la montée de la discrimination et de la violence dans la société de ce pays.

« L'Indonésie est dotée d'une histoire et d'une culture d'une grande diversité et tolérance. Le pays risque d'y perdre si des actions décisives ne sont pas prises pour freiner la montée de l'intolérance, des interprétations extrémistes de l'islam et de la discrimination à l'égard des minorités religieuses », a déclaré Mme Pillay.

Lors d'une conférence de presse donnée dans la capitale Djakarta, Mme Pillay a rappelé que l'Indonésie est un État partie à huit Conventions relatives aux droits de l'homme, saluant également l'engagement de ce pays au niveau international. Cependant, les obligations internationales doivent être respectées et inscrites dans la loi au niveau national, a-t-elle souligné lors de ses entretiens avec le gouvernement.

« J'ai pu constater que ce processus a été lancé dans plusieurs domaines et j'encourage le gouvernement à poursuivre ce travail et à résister aux tentations de revenir en arrière dans l'application des normes judiciaires au niveau local ou national », a indiqué Mme Pillay.

Selon la Haut Commissaire, l'Indonésie reste une jeune démocratie, qui a été sous le joug de dictature militaire pendant des décennies. Cela explique qu'il faut renforcer davantage les mécanismes juridiques d'attribution de responsabilités pour les violations passées ou présentes des droits de l'homme. Un principe fondamental du droit international en la matière est la non-discrimination, a-t-elle rappelé.

Au cours de son déplacement dans le pays, Mme Pillay a rencontré des représentants de plusieurs minorités religieuses, notamment des chrétiens, des musulmans chiites et ahmediyas et des représentants des religions traditionnelles de ce pays.

« J'ai été perturbée par les témoignages de victimes d'attaques violentes, de déplacements forcés, de personnes auxquels des papiers d'identité ont été refusés, ainsi que d'autres formes de discrimination et d'harcèlement. Je suis également préoccupée par le manque de volonté de la part des forces de police pour garantir une protection adéquate à ces personnes », a souligné Mme Pillay.

La Haut Commissaire a déclaré qu'elle était choquée par le niveau de discrimination et d'injustice auquel font face de nombreuses femmes avec lesquelles elle s'est entretenue.

« Je suis particulièrement préoccupée par l'application arbitraire et discriminatoire de la charia à Aceh, avec des punitions brutales telles que la lapidation et les coups de fouets, des descentes contre des salons de coiffures et autres endroits où se réunissent les gens, ce qui crée un climat d'intimidation et de terreur », a affirmé Mme Pillay.

« Préoccupée par le sort des communautés homosexuelle, lesbienne, bisexuelle et transgenre qui sont souvent victimes de violence policière, j'ai appelé le gouvernement à assurer leur protection. Je l'encourage à faire respecter les droits sexuels et reproductifs des filles et des femmes » a-t-elle ajouté.

L'Indonésie a, selon la Haut Commissaire, révélé un potentiel considérable en émergeant comme démocratie dynamique et a assuré qu'elle se tenait prête à assister le gouvernement pour promouvoir le respect des droits de l'homme.

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