FAO : le succès des investissements étrangers dépend de l'implication des agriculteurs locaux

Agriculteurs en Afrique. Photo: FAO/Olivier Asselin

13 novembre 2012 – Selon un nouveau rapport publié mardi par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les investissements internationaux les plus bénéfiques pour les économies locales et le développement social sont ceux qui donnent aux agriculteurs locaux un rôle actif et leur laissent le contrôle de leurs terres.

Le rapport sur les tendances et impacts des investissements étrangers dans l'agriculture des pays en développement, souligne que les projets d'investissement qui allient la force de l'investisseur, dont le capital, l'expertise en gestion et marketing, ainsi que la technologie, à celle des agriculteurs locaux qui fournissent le travail, la terre, les connaissances locales, sont ceux qui ont le plus de chances de succès.

Les modèles entrepreneuriaux qui laissent aux agriculteurs le contrôle de leurs terres leur offrent ainsi une incitation à investir dans l'amélioration des terres tout en favorisant du même coup un développement durable.

« Alors qu'un certain nombre d'études documentent l'impact négatif des acquisitions de terres à grande échelle dans les pays en développement, il y a encore moins de preuves des avantages de telles acquisitions pour le pays hôte, en particulier à court terme et au plan local », explique l'agence onusienne.

« Pour les investissements portant sur l'acquisition de terres à grande échelle dans les pays où le droit foncier n'est pas clair ou peu protecteur, les inconvénients l'emportent souvent sur les quelques avantages procurés aux communautés locales », a ajouté la FAO.

Selon le rapport, il faut éviter « l'acquisition de terres déjà utilisées pour les intégrer dans de nouvelles grandes exploitations agricoles et envisager, au contraire, d'autres formes d'investissement ».

Les investissements étrangers dans les terres agricoles des pays en développement ont considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. Les terres acquises sont souvent parmi les meilleures disponibles, avec un sol de bonne qualité et de l'irrigation.

Mais puisque la majorité des projets d'investissements étrangers visent les marchés d'exportation ou la production de biocarburants, « ils peuvent constituer une menace pour la sécurité alimentaire des pays à faible revenu et à déficit vivrier, surtout en cas de remplacement des cultures vivrières qui étaient destinées au marché local ».

Les impacts négatifs potentiels comprennent le déplacement des petits exploitants, la perte de terres de pâturage, la perte des revenus et des moyens de subsistance des populations rurales et la dégradation des ressources naturelles, notamment la terre, l'eau et la biodiversité.

Les lois et institutions nationales qui régissent les investissements agricoles et le droit foncier sont essentielles pour déterminer si les investissements étrangers dans les terres agricoles ont des effets positifs ou négatifs, indique le rapport.

« Il est important que tout investissement international procure des avantages pour le développement du pays hôte (...) si l'on veut que ces investissements soient 'gagnants-gagnants' plutôt que relevant d'un 'néo-colonialisme' », affirme le Directeur de la Division du commerce et des marchés de la FAO, David Hallam, dans l'avant-propos du rapport.


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