La réforme du secteur de la sécurité, parmi les priorités immédiates de la Libye, selon l'Envoyé de l'ONU

Le Représentant Spécial et Chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Tarek Mitri. ONU Photo/Eskinder Debebe

8 novembre 2012 – Le Conseil de sécurité a entendu, pour la première fois jeudi, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye qui a souligné que si, un après la chute du régime Qadhafi, le pays était sur la voie de la stabilisation, les défis, sans être insurmontables, ne devraient pas être sous-estimés pour autant.

S'exprimant par visioconférence depuis Tripoli, Tarek Mitri a rappelé que le gouvernement, « représentatif de l'échiquier politique national et de la diversité régionale », formé par le Premier Ministre Ali Zeidan le 31 octobre dernier, venait de prendre ses fonctions aujourd'hui même.

Lors de ses entrevues avec ce dernier, le Représentant spécial a mis l'accent sur le soutien que la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) continuera d'apporter dans les domaines sécuritaire et judiciaire, M. Zeidan l'assurant de son côté que son pays entendait cultiver avec la communauté internationale des relations basées sur le respect mutuel et la coopération.

Les priorités de son gouvernement, a indiqué le Premier Ministre, sont le rétablissement de la sécurité intérieure, la reconstruction et le développement économique et, dans l'immédiat, le lancement d'un nouveau processus constitutionnel.

Au cours de cet exposé devant le Conseil, le Représentant spécial a fait le point sur la situation à Bani Walid, l'un des principaux défis auxquels se sont heurtées les autorités en matière de paix civile jusqu'à tout récemment. L'armée libyenne a repris, le 24 octobre, le contrôle de cette ville aux mains de fidèles du régime Qadhafi, a précisé M. Mitri, avant d'annoncer qu'une commission d'établissement des faits avait été mise en place par le Congrès général national, à la suite d'allégations de pillages et de destructions.

Des affrontements graves se sont aussi produits par ailleurs dans le sud du pays au mois de septembre, ainsi que de manière sporadique à Tripoli et à Benghazi. M. Mitri a évoqué l'attaque perpétrée contre le consulat des États-Unis à Benghazi, en soulignant que cet événement avait provoqué l'indignation de la population, 30.000 personnes ayant manifesté pour « sauver Benghazi » le 21 septembre. Les manifestants ont exigé la création d'une armée et d'une police dignes de ce nom.

Le Président du Congrès et le Chef d'état-major ont annoncé le démantèlement des barrages et la dissolution des patrouilles non autorisés, ainsi que leur évacuation des administrations. Tout cela illustre, a estimé le Représentant spécial, la pression grandissante de l'opinion pour que le gouvernement agisse de manière décisive et rapide en matière de réforme du secteur de la sécurité.

Au lendemain de l'exposé de la Procureure de la Cour pénale internationale, qui soulignait auprès du Conseil l'importance de la lutte contre l'impunité en Libye, Tarek Mitri a lui aussi plaidé pour que le nouveau gouvernement réactive de toute urgence l'appareil judiciaire.

Sur ce point, a-t-il poursuivi, la MANUL continue de plancher sur le dossier des personnes détenues lors de la guerre civile en pressant les Ministères de la justice, de la défense et de l'intérieur d'accélérer l'examen des cas de mauvais traitements et d'actes de torture. Le Représentant spécial n'a pas manqué de faire observer que les centres de détention continuaient d'être aux mains des milices, au lieu d'être sous le contrôle du Ministère de la justice.

La Mission presse maintenant le Congrès et le gouvernement libyens de réfléchir à une stratégie globale de justice transitionnelle, notamment en mettant en œuvre un processus dynamique de recherche de la vérité. De concert avec les autorités, la MANUL a mis la dernière main à un cadre stratégique de collaboration avec l'ONU pour la période 2013-2014.


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