Un processus politique mené par les Syriens, seule solution pour le retour de la paix dans leur pays, estime l'ONU

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Jeffrey D. Feltman. Photo ONU/Rick Bajornas

6 novembre 2012 – Prévenant que la voie sur laquelle se trouve actuellement engagée la Syrie la mènerait « à la destruction », le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a souligné mardi la nécessité de prendre ses distances avec la logique militaire du moment pour se rapprocher d'un processus politique.

« Il faut que ce soit un processus mené par les Syriens eux-mêmes, il ne doit pas être imposé », a souligné Jeffrey Feltman aux journalistes venus l'écouter à la sortie des consultations que le Conseil de sécurité a tenues aujourd'hui sur la situation dans ce pays du Moyen-Orient, en guerre depuis presque 20 mois. Le weekend dernier, une trêve agréée par les parties pour la durée de la fête musulmane de l'Aïd Al-Adha a été rompue, signalant le retour des violences qui venaient à peine de cesser.

« Un tel processus doit être synonyme de changements et constituer une rupture claire avec le passé », a-t-il estimé, soulignant que le Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, Lakhdar Brahimi., continuait de travailler dans l'urgence en faveur d'un plan de paix, en multipliant les entrevues aux niveaux régional et international.

L'échec de la trêve, des allégations de nouvelles atrocités, une hausse du nombre d'attentats à la voiture piégée et une situation humanitaire de plus en plus préoccupante : tels sont les éléments les plus notables depuis le dernier exposé en date de M. Brahimi au Conseil de sécurité il y a deux semaines, a rappelé le Secrétaire général adjoint.

« La situation en Syrie est de plus sombre chaque jour qui passe », a-t-il assuré aux journalistes, prévenant du risque croissant que la crise s'étende à une région déjà volatile.

« Nous voyons déjà, en fait, des signes de débordements », a poursuivi M. Feltman, se référant aux incidents qui se sont produits au Liban et en Turquie, ainsi que dans le Golan syrien, où des forces gouvernementales et éléments de l'opposition se sont livrés des combats, en violation de l'accord sur le désengagement des forces israéliennes et syriennes en vigueur dans cette zone. Depuis 1974, la Force de désengagement des Nations Unies surveille le respect de cet accord.

Le Représentant spécial conjoint Brahimi, a rappelé Jeffrey Feltman, considère toujours par ailleurs que le communiqué du Groupe d'action pour la Syrie est un élément central pour un éventuel plan de paix.

Le Groupe d'action est composé des Secrétaires généraux de l'ONU et de la Ligue des États arabes, des Ministres des affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité – Chine, Fédération de Russie, France, Royaume-Uni et Etats-Unis –, ainsi que celui de la Turquie et de la Haut Représentante des affaires étrangères de l'Union européenne. Les Ministres des affaires étrangères de l'Iraq, du Koweït et du Qatar sont également membres de ce groupe en raison de leur rôle au sein de la Ligue des États arabes.

Lors d'une réunion à Genève en juin, le Groupe avait conclu un accord sur une série de principes et de lignes directrices pour une transition menée par les Syriens qui respecteraient les aspirations du peuple syrien.

Le communiqué publié après la réunion appelait toutes les parties à s'engager immédiatement dans la recherche d'une fin durable de la violence armée et du conflit ainsi que dans la formation d'un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs et composé notamment de membres du gouvernement actuel et de l'opposition.

En réponse à une question posée par un journaliste, M. Feltman a affirmé que M. Brahimi « a salué » un plan en quatre points proposé par le Chine. Selon la presse, ce plan consisterait en une aide humanitaire et une trêve qui serait mise en œuvre « par zones et par étapes ».

« Le Représentant spécial conjoint salue toutes les contributions visant à le soutenir, et en particulier des contributions des États qui jouissent d'une influence importante au sein de l'organisation et sur le terrain en Syrie », a déclaré le Secrétaire général adjoint, qui a espéré que le Conseil de sécurité parviendrait à une position unifiée sur la situation dans ce pays, après le rejet de trois résolutions en l'espace d'un an.


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