Selon le PNUE, l'industrie forestière au Kenya coûte quatre fois plus cher que ce qu'elle rapporte

5 novembre 2012 – Selon une étude publiée lundi par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et le gouvernement du Kenya, les coûts économiques engendrés par la déforestation au Kenya sont quatre fois supérieurs aux gains que rapporte l'exploitation forestière dans ce même pays.

« La déforestation a privé l'économie kenyane de 68 millions de dollars en 2010 et de 77 millions en 2009, ce qui dépasse de loin les 15 millions de dollars de revenus par an que rapporte l'exploitation forestière », a indiqué l'agence onusienne dans un communiqué de presse.

L'importance économique des cinq principales forêts du Kenya, surnommées les « tours d'eau » puisqu'elles capturent les précipitations pendant la saison des pluies, assurant le flux d'eau pendant les périodes sèches, est évaluée dans l'étude.

Dans ses commentaires sur l'étude, le Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner, a reconnu le travail de réhabilitation entrepris par le gouvernement kenyan dans la forêt de Mau, l'une des cinq « tours d'eau ».

« Le Kenya montre aujourd'hui sa détermination à se placer parmi les pays pionniers qui placent la préservation des richesses naturelles au cœur de leurs ambitions en matière de développement durable », a déclaré M. Steiner.

« Les conclusions de ce rapport sont basées sur les méthodes d'analyses les plus reconnues au monde et les données environnementales et économiques les plus récentes. C'est une étude innovante qui contribue à inspirer de plus en plus de nations africaines à choisir une transition vers une économie verte inclusive », s'est-il félicité.

La publication de l'étude coïncide avec le lancement du « dialogue national du Kenya sur les tours d'eau, les forêts et l'économie verte ». Elle montre que ces cinq forêts apportent plus de 75% de l'eau de surface renouvelable du pays et alimentent ainsi les rivières et lacs avec plus de 15.800 millions de mètres cubes d'eau de pluie par an.

Cependant, la déforestation est en augmentation à cause de l'abattage d'arbres, de la production de charbon de bois et de l'aménagement des sols pour les cultures et pâturages.

« Entre 2000 et 2010, la déforestation a fait disparaitre près de 28.427 hectares des cinq « tours d'eau », ce qui a conduit à une diminution de la disponibilité d'eau de pluie de près de 62 millions de mètres cubes par an », a indiqué le PNUE.

Le Kenya étant particulièrement vulnérable à la pénurie d'eau, cette situation a mené à une flambée de l'inflation de 10% à trois reprises, entre 2000 et 2010, à cause de la sécheresse, de l'augmentation du prix du pétrole brut et des taux d'échange défavorables.

« Le bois et le charbon de bois restent la principale source d'énergie pour la population au Kenya, soit 75%, et l'industrie forestière crée des emplois, à la fois dans le secteur formel et dans le secteur informel, particulièrement en zones rurales », a expliqué le PNUE.

Cependant, a ajouté l'agence onusienne, cette activité « encourage la déforestation illégale et crée d'énormes dégâts par la perte des effets régulateurs des forêts ». L'effet cumulé négatif de la déforestation sur l'économie kenyane a été estimée à 42,1 millions de dollars par an, ce qui représente plus de quatre fois le revenu de la déforestation.


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