Pour l'ONU, l'ouragan Sandy est révélateur de la menace posée par les changements climatiques

Un marché inondé de Port-au-Prince en Haïti. Photo: Logan Abassi/MINUSTAH

1 novembre 2012 – La Représentante spéciale des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe, Margareta Wahlström, a estimé mercredi que les pertes économiques provoquées aux États-Unis et dans les Caraïbes par le passage de l'ouragan Sandy étaient révélateurs de la menace posée par les changements climatiques au niveau mondial.

« Nous pouvons affirmer avec beaucoup de certitude que les régions des États-Unis et des Caraïbes touchées par l'ouragan Sandy seront vulnérables à de nouvelles catastrophes de cette magnitude à cause de la montée des eaux et du réchauffement du littoral. Le panel intergouvernemental sur les changements climatiques a souligné que cette menace pèse en particulier sur les petits États insulaires », a déclaré Mme Wahlström, qui dirige également le bureau de l'ONU pour la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (SIPC).

« S'il est encore trop tôt pour évaluer le montant des dégâts occasionnés par l'ouragan Sandy, il n'y a aucun doute quant au fait que ce phénomène s'inscrit dans une tendance de plus en plus nette et qu'une volonté politique forte est nécessaire pour y remédier. Les pertes économiques dues aux catastrophes naturelles ont atteint au moins 1.300 milliards de dollars au cours des 20 dernières années, dont 380 milliards rien que l'année dernière », a prévenu Mme Wahlström dans un communiqué de presse.

La vulnérabilité face aux ouragans a presque triplé au cours des 40 dernières années en raison de l'installation d'industries dans les zones à risque et de la densité des populations aux abords des littoraux. Il est, selon Mme Wahlström, évident que les investissements visant à renforcer la résilience des infrastructures ont été insuffisants. « Nous pouvons supposer, à la lumière des évènements qui se sont produits sur la côte est des États-Unis, que les avantages de vivre dans des zones susceptibles d'être inondées doivent être plus importants que les risques, pourtant connus », a-t-elle souligné.

La Représentante spéciale devait présenter le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la SIPC devant l'Assemblée générale de l'ONU le 29 octobre, présentation repoussée à cause du passage de l'ouragan Sandy. Mme Wahlström a salué les autorités locales et l'Agence fédérale en charge de la gestion des crises, ainsi que les nombreux groupes de volontaires, pour l'ensemble des mesures efficaces qui ont été prises pour protéger la population contre l'impact de l'ouragan.

« Je voudrais présenter mes condoléances à ceux qui ont perdu des proches dans cette catastrophe. Fort heureusement, de nombreuses vies ont pu être sauvées et il est encourageant de constater l'efficacité de la préparation dans les régions touchées aux États-Unis », s'est elle félicitée.

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