Pour l'ONU, la solution au problème de la piraterie en Somalie se trouve sur terre et non sur mer

Des opérations de lutte contre la piraterie sont menées dans le golfe d’Aden et la côte orientale de Somalie.

25 octobre 2012 – Le Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (UNPOS) a salué jeudi la restitution de deux navires et la libération de leurs équipages par des pirates somaliens au cours des deux dernières semaines. Pour les marins détenus et leurs familles, c'est la fin d'un calvaire, mais les pirates retiennent toujours 112 personnes en otage, soit les équipages de neuf navires.

« Ce n'est pas une issue forcément heureuse, puisque cette annonce occulte une tragédie souvent ignorée non seulement par le monde, mais même par les employeurs des équipages séquestrés », a indiqué le responsable de la sécurité maritime et de la lutte contre la piraterie à l'UNPOS John Steed, dans un communiqué de presse.

« Hormis les navires et les personnes mentionnés, un nombre inconnu de marins dont les navires ont coulé ou de membres d'équipages retenus pour une rançon supplémentaire même après la restitution de leurs navires, restent aux mains des pirates », a-t-il ajouté.

Après près de deux ans de captivité, le propriétaire du navire restitué vendredi dernier avait négocié et payé une rançon. Cependant, seuls 13 des 19 marins ont été libérés avec le navire, les six autres étant maintenus en captivité parce que les pirates estimaient que la rançon était insuffisante.

Selon l'UNPOS, 29 marins sont actuellement détenus par les pirates sur le littoral somalien où ils endurent des conditions de détention épouvantables et sont souvent soumis à des traitements cruels et à la torture devant les caméras dans le but d'extorquer une rançon. Si leur navire a été coulé ou déjà restitué, les propriétaires ne sont souvent pas pressés de payer les sommes demandées. Dans un cas, le propriétaire a fait faillite et l'armateur n'existe plus et il ne reste plus alors que des membres de la famille ou des proches pour suivre le dossier.

« Afin de fournir une assistance aux otages, l'UNPOS a créé un programme d'assistance pour la libération des otages, qui tente de retrouver la trace des personnes séquestrées et les aider à rentrer dans leur pays lorsqu'elles sont relâchées. Cependant, l'ONU ne négocie pas les rançons », a précisé M. Steed.

La piraterie en Somalie est actuellement moins répandue que par le passé. Cela est du aux précautions prises par les armateurs, qui postent des gardes de sécurité sur leurs navires, et une présence militaire navale renforcée, notamment de la Force maritime de l'Union européenne (EU NAVFOR) et de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Cette baisse d'activité s'explique également par la saison des moissons, qui vient de toucher à sa fin. Les attaques ont repris depuis peu, mais sans succès jusqu'à présent.

« La solution au problème de la piraterie se trouve à terre. L'ONU et ses partenaires cherchent à assister le nouveau gouvernement somalien en renforçant ses capacités de lutte contre les pirates, afin que ceux-ci ne parviennent plus à effectuer des sorties en mer », a affirmé M. Steed.

« La Somalie possède des ressources maritimes considérables qui pourraient devenir un élément important de sa reconstruction économique, à condition qu'elles soient bien gérées. Pour cela il est nécessaire de mettre en place un cadre juridique et de résoudre le problème de la création d'une zone économique exclusive. Enfin, il faut des capacités navales pour faire respecter ces lois. »


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