Le déplacement des populations, un obstacle majeur au respect des droits humains, selon un expert de l'ONU

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme des personnes déplacées, Chaloka Beyani. Photo: ONU/Evan Schneider

24 octobre 2012 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l'homme des personnes déplacées, Chaloka Beyani, a rappelé mercredi que le phénomène du déplacement de populations reste l'un des plus grand défis humanitaires du monde, en raison de la multiplication des violences, des conflits, des catastrophes naturelles ou des projets de développement.

« Plus de 26 millions de personnes étaient déplacés à la fin 2011 à cause de conflits armés, de la violence généralisée ou des violations des droits de l'homme, alors que 15 millions ont été déplacées cette même année par des catastrophes naturelles », a expliqué M. Beyani dans un communiqué de presse.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les personnes déplacées sont souvent confondus avec les réfugiés. Pourtant une personne n'est déplacée qu'à l'intérieur de son propre pays, par opposition au réfugié, qui franchit des frontières internationales.

En outre, même si les personnes déplacées et les réfugiés ont parfois dû fuir leur domicile pour les mêmes raisons, les mêmes règles ne s'appliquent pas à eux. Les personnes déplacées restent sous la protection juridique de leur propre gouvernement, même si ce dernier est à l'origine du déplacement. En tant que citoyens, les personnes déplacées conservent l'ensemble de leurs droits au regard du droit humanitaire international.

Selon le Rapporteur spécial, le cadre juridique et normatif sur le déplacement a été considérablement renforcé au cours des vingt dernières années, de même que la réponse de la communauté internationale face au phénomène.

« Cependant, d'énormes défis doivent encore être surmontés. Des tendances comme l'urbanisation rapide, la mobilité des personnes, la croissance démographique, l'insécurité alimentaire et d'autre facteurs comme les changements climatiques et les catastrophes naturelles plus fréquentes devraient accentuer la problématique du déplacement encore davantage à l'avenir », a affirmé M. Beyani.

Selon l'expert, les États doivent adopter des mesures pour limiter les déplacements à venir, notamment des mécanismes de résolution de conflit et des systèmes d'identification des personnes, y compris la délivrance de certificats pour les nouveau-nés et des registres pour répertorier les propriétés en vue de prévenir les différends.

M. Beyani a également recommandé la mise en œuvre de systèmes d'alerte précoce et de renforcement des capacités des autorités afin de mieux gérer des mouvements de déplacement soudains, soulignant l'importance d'inclure les personnes déplacés elles-mêmes dans toutes les stratégies.


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