Le HCR annonce l'ouverture en Éthiopie d'un nouveau camp pour les réfugiés somaliens

Des femmes et des enfants somaliens attendent d’être enregistrés dans un centre de transit à Dollo Ado, en Ethiopie.

19 octobre 2012 – Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi l'ouverture d'un nouveau camp de réfugiés en Éthiopie pour accueillir le nombre croissant de Somaliens qui fuient leur pays à cause du conflit et de l'insécurité.

« En raison du flux continu de nouvelles arrivées au centre de transit de Dollo Ado, le gouvernement Éthiopien a autorisé l'ouverture d'un sixième site et désigné un terrain situé à mi-chemin du village de Kole et du camp de Kobe, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Dollo Ado », a indiqué un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d'un point de presse donné à Genève.

Situé au sud-est de l'Éthiopie, le camp de Dollo Ado est le deuxième plus grand au monde après celui de Dadaab, au Kenya. La semaine dernière, la population y a franchi le cap des 170.000 personnes. Les nouveaux arrivants citent comme raisons de leur départ le harcèlement et le recrutement forcé par des groupes armés écumant les zones rurales du sud de la Somalie.

En dépit des améliorations notables constatées récemment avec la fin de la période de transition, notamment sur le plan politique, la Somalie reste touchée par un conflit persistant, qui a contraint au total plus de deux millions de personnes à fuir leur pays au cours des deux dernières décennies. Cette situation s'est aggravée sous l'effet de la sécheresse aigue qui y a sévi l'an dernier, et de la famine qui en a été le corollaire : rien qu'en 2011, on estime à un demi-million le nombre de Somaliens déplacés internes ou réfugiés dans les pays voisins.

Le nombre total de Somaliens réfugiés dans les pays voisins dépasse un million, dont la moitié se trouve au Kenya, alors que l'Éthiopie en accueille 214.000, principalement dans les cinq camps du complexe de Dollo Ado, ainsi que dans d'autres camps plus au nord, à proximité de la ville de Jijiga.

« Le coût de l'ouverture du nouveau site, y compris la fourniture de services de base et la mise en place de dispensaires et d'écoles, dépasse cinq millions de dollars. Nous demandons le soutien de nos partenaires et de nos bailleurs de fonds », a déclaré M. Mahecic.

Le coût prévisionnel de la phase initiale est de 1,5 million de dollars. Jusqu'à présent, sur les 112 millions de dollars dont il a besoin pour couvrir les besoins des réfugiés dans le monde cette année, le HCR n'en a reçu que 44.

« Les réfugiés arrivent le plus souvent sans effets personnels. Leurs besoins les plus urgents sont un abri, de la nourriture et des articles de première nécessité », a expliqué M. Mahecic.

« Pour couvrir de tels besoins, un convoi de neuf camions est parti du Kenya la semaine dernière, avec à bord 10.000 bâches en plastique, 20.000 couvertures, 15.000 matelas, 15.000 moustiquaires et 10.000 jerricans », a-t-il précisé.

Le porte-parole s'est en outre félicité de l'ouverture, à proximité de Dollo Ado il y a deux semaines, d'une piste d'atterrissage praticable quelles que soient les conditions météorologiques et qui permet d'élargir considérablement l'accès aux travailleurs humanitaires et l'acheminement de fournitures.

« C'est une amélioration importante pour les agences basées à Dollo Ado puisque le mauvais temps a trop souvent empêché des avions d'atterrir par le passé. La seule alternative est l'acheminement par des routes difficilement praticables. Le trajet dure trois jours, retardant les interventions d'urgence ou les évacuations médicales », a souligné M. Mahecic.


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