Lors d'une cérémonie de remise de prix, Ban plaide pour des approches innovantes contre la sous-alimentation

Le Secrétaire général Ban Ki-moon prononce son allocution lors de la cérémonie de remise de prix du World Food Prize 2012. Photo: ONU

19 octobre 2012 – Assorties d'une volonté politique forte, les approches et technologies innovantes sont déterminantes dans la lutte contre la faim, a affirmé le Secrétaire général de l'ONU jeudi soir, lors d'une cérémonie de remise de prix qui s'est déroulée à Des Moines, en Iowa.

« Mettre fin à la faim de notre vivant » exige de mobiliser la créativité des scientifiques et des économistes, a expliqué Ban Ki-moon, pour qui « il faut concevoir de nouvelles approches et technologies pour contrer les effets des changements climatiques, la raréfaction des ressources aquifères et la désertification ».

Le Secrétaire général a tenu ces propos à l'occasion de la remise d'un prix, le World Food Prize 2012, dont le lauréat est cette année un scientifique israélien, le Docteur Daniel Hillel, qui a été récompensé pour son système pionnier de « micro-irrigation », spécialement mis au point pour les régions sèches.

Ce sont de telles initiatives qui permettront selon lui de mettre fin à l'insécurité alimentaire qui menace tant de pays du monde, à cause de la combinaison de facteurs tels que la sècheresse, la hausse des prix des denrées alimentaires et l'instabilité financière.

M. Ban a souligné que la crise alimentaire actuelle différait de celle de 2007-2008, lorsque les prix des denrées alimentaires avaient augmenté de manière brutale, déclenchant des troubles sociaux et une instabilité économique et politique dans de nombreux pays.

« Des leçons importantes ont été apprises depuis. Des filets de sécurité plus nombreux ont été mis en place. La frénésie d'achats s'est calmée et les restrictions commerciales sont en recul », a relevé le Secrétaire général, qui s'est également félicité que « des nations investissent davantage dans l'agriculture et le renforcement de la coopération internationale ».

Mais, en dépit de ces efforts, il reste encore beaucoup à faire, a poursuivi le Secrétaire général.

La question de la sécurité alimentaire figure en tête de l'ordre du jour des Nations Unies. La semaine dernière, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont publié un rapport conjoint qui présentait une estimation de la sous-alimentation chronique sur les deux dernières décennies.

Ce document conclut notamment qu'entre 1990 et 2007, le nombre d'affamés dans le monde avait diminué plus rapidement qu'auparavant, mais que depuis 2007-2008, les progrès se sont ralentis puis stabilisés.

«Avec des possibilités techniques et économiques sans précédent, il paraît totalement inacceptable que plus de 100 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent d'insuffisance pondérale et se trouvent donc dans l'incapacité de réaliser pleinement leur potentiel humain et socioéconomique, et que la malnutrition infantile soit, chaque année, une cause de décès pour plus de 2,5 millions d'enfants », dénoncent, dans leur préface du rapport, José Graziano da Silva, Kanayo F. Nwanze et Ertharin Cousin, respectivement chefs de la FAO, du FIDA et du PAM.

Il ressort également de cette publication-phare que l'Afrique est la seule région où les taux de malnutrition ont augmenté au cours des 20 dernières années. La région du Sahel, en particulier, est exposée à des niveaux alarmants d'insécurité alimentaire, a constaté de son côté le Secrétaire général dans le discours qu'il a prononcé à Des Moines.

Il a également vanté les mérites de diverses initiatives lancées par les Nations Unies afin d'aider les plus vulnérables à exercer leur droit à l'alimentation, mais aussi leurs droits d'accéder aux terres cultivables, aux modes de financement, à l'infrastructure et aux marchés nécessaires pour garantir la sécurité alimentaire sur le long terme.

M. Ban a ainsi évoqué le Movement to Scale Up Nutrition, qui cherche à fournir une alimentation adéquate aux nourrissons et à leurs mères, ainsi que le Défi Faim Zéro, dont l'objectif est de garantir l'accès à l'alimentation, de combler les retards de croissance et de doubler la productivité et les revenus des petits exploitants.

« Dans un monde d'abondance, personne ne devrait souffrir de la faim. Aucun enfant ne devrait voir sa croissance retardée par la malnutrition. Aucun enfant ne devrait se voir refuser une vie meilleure avant même sa naissance, parce que sa mère souffre de malnutrition », a conclu le Secrétaire général.


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