L'éradication de la violence sexuelle n'est pas mission impossible selon l'ONU

La Représentante spéciale sur la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits, Zainab Hawa Bangura. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

18 octobre 2012 – La Représentante spéciale sur la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits, Zainab Hawa Bangura, a affirmé jeudi qu'il était possible d'éliminer la violence sexuelle dans les conflits à condition que les gouvernements fassent preuve de volonté politique forte et que les cadres juridiques soient mis en place pour poursuivre les auteurs de ce genre de crimes.

« Aussi redoutable que ce défi semble être, je ne pense pas que l'éradication de la violence sexuelle dans les conflits soit une mission impossible », a estimé Mme Bangura lors d'une conférence de presse à Genève.

« Nous disposons des outils nécessaires pour lutter contre ce fléau, mais nous avons également besoin de la volonté politique nécessaire pour mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité et un engagement des gouvernements pour les faire appliquer », a-t-elle ajouté.

Mme Bangura a établi une liste de ses six priorités pour l'exercice de sa nouvelle fonction, dont la fin de l'impunité pour les criminels et la justice pour les victimes, la protection et l'autonomisation des femmes affectées, le renforcement de la volonté politique pour lutter contre la violence sexuelle, la coordination de l'action de la communauté internationale, le reconnaissance du viol comme arme de guerre et l'encouragement de la recherche de solutions au niveau local.

« La violence sexuelle dans les conflits doit être traitée pour ce que c'est, un crime de guerre. Il n'est plus possible de la considérer comme un dommage collatéral malheureux ou un symptôme inévitable des conflits », a souligné Mme Bangura.

La Représentante spéciale a également souligné que la violence sexuelle dans les conflits est un phénomène qui n'affecte plus seulement les femmes, puisque de plus en plus d'hommes et de garçons sont victimes de ce type de violations.

Mme Bangura a également affirmé que ce problème ne se limite pas à une région du monde en particulier, mais qu'il se produit partout et qu'il est temps de d'accorder plus d'attention à la poursuite des auteurs de ces crimes plutôt que de stigmatiser les victimes.

« Nous devons travailler davantage avec les gouvernements nationaux. Nous devons les encourager et les obliger à prendre un rôle central pour mettre en place un cadre national capable d'assurer que les auteurs sont poursuivis et que les victimes soient entendues », a indiqué Mme Bangura.


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