Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté : l'ONU plaide pour une approche holistique

Une femme et ses enfants collectant du bois et du papier pour cuire du pain à Ezbet Abd Rabbo, dans la bande de Gaza. Photo Shareef Sarhan

17 octobre 2012 – Alors que les inégalités n'ont cessé de croître au sein des pays et entre les pays eux-mêmes au cours des dix dernières années, les Nations Unies saisissent l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, observée mercredi, pour lancer un appel à contrer ce fléau, non seulement dans ses aspects matériels, mais aussi sur les plans social, éducatif et de l'accès à la justice.

« S'il est facile de dénoncer la pauvreté, il est plus ardu de la combattre. Les personnes qui souffrent de la faim, vivent dans le dénuement et sont atteintes dans leur dignité, ont besoin de plus que de l'expression de notre compassion; elles ont besoin d'un soutien concret », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU dans le message qu'il a adressé pour marquer cette Journée.

Ban Ki-moon a souligné qu'en ces temps d'austérité économique, il est encore plus crucial de se doter des politiques qui permettront de protéger les plus vulnérables.

« Dans une période où les gouvernements ont le plus grand mal à équilibrer leurs budgets, le financement des mesures de lutte contre la pauvreté se trouve menacé. Or, c'est précisément le moment où il faut garantir aux pauvres l'accès aux services sociaux, à la sécurité financière, à un emploi décent et à une protection sociale. Il n'y a qu'ainsi que nous pourrons bâtir des sociétés plus fortes et plus prospères – pas en équilibrant les budgets aux dépens des plus démunis. »

Avec cette année pour thème « Mettre fin à la violence de la misère en favorisant l'autonomie et en construisant la paix », la Journée, célébrée le 17 octobre, souligne le lien entre pauvreté et troubles sociaux, ainsi que la nécessité de fournir aux individus les compétences qui leur permettront de contribuer activement au développement de la société.

« La pauvreté n'est pas seulement une question de seuil de revenu minimum ou de manque de ressources ou qu'il faudrait de corriger uniquement par divers mécanismes de charité ou de redistribution », a estimé pour sa part Irina Bokova, la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, dans son propre message.

« Il y a une pauvreté éducative, culturelle, scientifique, sociale, qui est le corollaire de la pauvreté matérielle, et qu'il faut combattre avec la même détermination », a-t-elle souligné. « La pauvreté se traduit par la privation des capacités individuelles de se développer, par le manque d'autonomie. L'élimination de la pauvreté passe par le renforcement des capacités de chacun à créer de la richesse et à libérer le potentiel présent au fond de chaque être humain. Le développement humain durable passe par le développement de ce potentiel et l'élargissement des choix des individus. »

La Directrice générale a noté qu'en dépit d'un développement économique global de notre monde, les inégalités se sont accrues de façon dramatique au cours des dix dernières années, plus d'un milliard de personnes vivant aujourd'hui dans l'extrême pauvreté.

« Cette situation est une atteinte aux droits humains fondamentaux et un frein au développement », a-t-elle affirmé. « Les progrès sont à notre portée. Depuis 2000, l'extrême pauvreté a été réduite de moitié. C'est la preuve qu'avec la volonté politique et l'engagement conjoint des États, les résultats sont possibles. Pour réussir, nous devons redoubler d'efforts contre les nouvelles formes de pauvreté et d'exclusion sociale. Nous devons aussi appréhender la pauvreté dans toutes ses dimensions, pour lui opposer une réponse à sa mesure. »

Selon Mme Bokova, l'éducation de qualité, le développement des sciences ou la diversité culturelle sont des outils stratégiques de premier plan, « car ils permettent le développement de l'intelligence humaine et la prise en main de son avenir ».

Dans un message séparé, la Rapporteuse spéciale sur l'extrême pauvreté, Magdalena Sepúlveda, a appelé tous les États à prendre des mesures immédiates pour garantir l'accès à la justice pour les populations les plus démunies, soulignant que l'accès en tant que tel était un droit humain et s'avérait essentiel pour s'attaquer aux racines mêmes de la pauvreté.

« Sans accès à la justice, les personnes les plus pauvres ne sont pas en mesure d'exercer toute une série de droits humains ou de réagir à des crimes, abus ou violations dont ils ont pu être victimes », a indiqué la Rapporteuse.


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