Syrie : la Commission d'enquête de l'ONU réitère la nécessité de trouver une solution diplomatique à une crise qui s'aggrave

Le Président de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie, Paulo Pinheiro, et Karen AbuZayd, membre de la Commission, en conférence de presse à l’ONU. Photo: ONU/JC McIlwaine

16 octobre 2012 – Le Président de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie, Paulo Pinheiro, a souligné mardi que la crise dans ce pays ne pourrait être résolue que par des moyens diplomatiques, alors que la situation sur le terrain empire avec la présence de groupes de djihadistes armés.

Lors d'un entretien avec la radio de l'ONU, M. Pinheiro a exprimé sa préoccupation face à la détérioration du conflit en Syrie depuis la présentation du dernier rapport de la Commission d'enquête, le mois dernier, devant le Conseil des droits de l'homme à Genève.

« La guerre civile en Syrie s'est aggravée par rapport au mois dernier », a assuré M. Pinheiro en précisant que les femmes, les enfants et les personnes âgées étaient les principales victimes du conflit.

« La population civile paye le prix de ce conflit parce que le gouvernement bombarde les quartiers, où les rebelles se cachent parmi les civils pour ne pas être distinguables du reste de la population », a-t-il ajouté.

Selon les estimations de l'ONU, plus de 18.000 personnes, principalement des civils, ont trouvé la mort en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime du Président Bachar Al-Assad l'an dernier. L'ONU estime à 2,5 millions le nombre de personnes qui ont besoin d'urgence d'une aide humanitaire.

M. Pinheiro a reconnu que la Commission avait rencontré des difficultés dans la préparation de son rapport, notamment en raison du refus de Damas de l'autoriser à se rendre en Syrie pour s'acquitter de sa mission d'établissement des faits.

« C'est précisément parce que nous n'avons pas accès à la Syrie que nous devons nous servir de tous les autres moyens à notre disposition pour préparer nos rapports », a expliqué M. Pinheiro en soulignant que la Commission recueille des informations à partir de sources très nombreuses, notamment les réfugiés et des personnes se trouvant à l'intérieur du pays, dont des membres des forces gouvernementales et des groupes d'opposition armés.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 67% des hôpitaux publics ont été endommagés par le conflit, dont 29% sont désormais hors-service.

M. Pinheiro a précisé que la Commission a des raisons de croire que les forces gouvernementales et les milices qui lui sont alliées d'une part, et les groupes d'opposition d'autre part, auraient commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, dont des assassinats, des exécutions sommaires, des actes de torture, et des détentions arbitraires entre autres.

Le Président a par ailleurs exprimé sa préoccupation devant la présence de plus en plus nombreuse de groupes de djihadistes radicaux, qui profiteraient du conflit pour s'infiltrer dans le pays.

Quant aux efforts de la communauté internationale, M. Pinheiro a souligné que seule une solution diplomatique pourrait aboutir à la fin de la violence. « Il relève de la responsabilité du Conseil de sécurité de trouver une solution. Il n'y a pas de solution militaire à la crise. Nous ne cessons de répéter que la seule solution est diplomatique et politique », a insisté M. Pinheiro.


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