Journée mondiale de l'alimentation : l'ONU met à l'honneur les coopératives agricoles

Agriculteurs en Afrique. Photo: FAO/Olivier Asselin

16 octobre 2012 – À l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation, observée mardi, le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a rappelé que la situation alimentaire mondiale demeure extrêmement préoccupante, avec près de 870 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde. Cette année, l'ONU a choisi de rendre hommage aux coopératives agricoles qui sont un élément clé dans la lutte contre la faim dans le monde.

« Contrôlées par leurs membres, elles peuvent contribuer à générer des emplois, à atténuer la pauvreté et à donner aux pauvres et aux groupes marginalisés vivant en milieu rural, tout particulièrement les femmes, les moyens de prendre en main leur propre destin », a expliqué M. Ban dans son message pour la journée.

« Ces entreprises dotées d'une conscience sociale ont aussi prouvé qu'elles pouvaient être un vecteur d'intégration sociale efficace en promouvant l'égalité entre les sexes et en encourageant les jeunes à se tourner vers l'agriculture », a-t-il ajouté.

Lors d'une cérémonie à Rome, le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a appelé les gouvernements à œuvrer au développement des coopératives et des organisations de producteurs et à mettre en place à cette fin les politiques, les cadres juridiques, les incitations économiques et les forums qui s'imposent.

« Les coopératives agricoles et les organisations de producteurs contribuent, concrètement et de multiples façons, à assurer la sécurité alimentaire, à créer des emplois et à sortir les gens de la pauvreté. Elles sont les alliées naturelles de la FAO et de ses partenaires dans la lutte contre la faim et l'extrême pauvreté », a déclaré José Graziano da Silva dans son message.

Lors de la même cérémonie à Rome, la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial, Ertharin Cousin, a souligné le besoin de créer des programmes de sécurité sociale pour aider ceux qui n'arrivent pas à couvrir leurs besoins alimentaires.

« Trop de gens dans le monde luttent pour trouver leur prochain repas. La protection sociale permettrait aux plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, de sortir de la pauvreté et de ne plus être menacés par la faim. Ces programmes forment un filet de sécurité et renforcent la résilience face aux chocs économiques et environnementaux », a expliqué Mme Cousin.

De son côté, le Président du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), Kanayo Nwanze, a expliqué le rôle que joue cette agence de l'ONU pour soutenir les coopératives agricoles dans le monde.

« Des cultivateurs de thé au Rwanda, aux éleveurs du Népal, nombreux sont les exemples qui illustrent les avantages des coopératives pour mieux soutenir les petits producteurs agricoles, non seulement pour s'organiser, mais aussi pour générer un revenu plus important et produire davantage », a rappelé M. Nwanze.

À Genève, le Directeur général de l'Organisation internationale des migrations (OIM), Gut Ryder, a lui aussi souligné l'importance des coopératives agricoles.

« Les expériences du monde entier montrent que les agriculteurs, les pêcheurs, les exploitants forestiers et les éleveurs ont profité de l'organisation en coopératives pour augmenter leurs production, gagner des parts de marcher, vendre à des prix meilleurs et avoir plus de poids dans les échanges, ainsi que mieux gérer les ressources naturelles et améliorer la sécurité alimentaire », a indiqué M. Ryder.

Dans un rapport publié à l'occasion de la Journée internationale, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) prévient que les fondations écologiques de la sécurité alimentaire, dont la biodiversité, sont menacées.

« L'ère, qui semblait éternelle, de la production basée sur une utilisation sans limites des engrais et des pesticides et sur les avancées techniques de la mécanisation, touche à sa fin », a estimé le Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner, dans un communiqué de presse.

« Le monde a besoin d'une révolution verte capable de veiller à ce que les aliments soient produits dans le respect de la nature et des ressources offertes par les forêts, les réserves d'eau douce et de la biodiversité », a-t-il plaidé.


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