L'ONU s'inquiète de la direction « à éviter à tout prix » que prend le conflit israélo-palestinien

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Jeffrey D. Feltman, s’adresse au Conseil de sécurité. ONU Photo/Devra Berkowitz

15 octobre 2012 – « Alors que l'attention de la communauté internationale est fixée ailleurs au Moyen-Orient, le conflit israélo-palestinien prend une direction dangereuse qui doit être évitée à tout prix », a déclaré lundi au Conseil de sécurité le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques.

Venu présenter un nouvel état de la situation dans la région, Jeffrey Feltman s'est en effet inquiété du décalage observé entre, d'un côté, les déclarations d'intention affichées par Israël et l'Autorité palestinienne en faveur d'une paix négociée, et de l'autre, « une réalité de terrain autrement plus inquiétante ». Estimant que l'impasse diplomatique se poursuit, il a regretté l'absence d'initiatives concrètes en direction d'un renouveau du dialogue sur les principales questions à résoudre.

« Cette situation doit constituer un sujet de grave préoccupation pour le Conseil », a-t-il prévenu, insistant sur le fait qu'il n'existe aucune alternative viable à une solution négociée en faveur de deux États. « Il est à craindre, cependant, que la porte ouvrant sur une telle possibilité ne soit en train de se refermer sous nos yeux ».

Le Secrétaire général adjoint a fait également état d'une situation financière particulièrement grave pour l'Autorité palestinienne, qui a besoin de liquidités immédiates alors que son déficit pourrait se chiffrer à hauteur de 1,3 milliard de dollars d'ici à la fin de l'année.

Si l'assistance de plusieurs pays donateurs au cours du mois écoulé a été appréciable, a-t-il reconnu, Israël doit impérativement contribuer à la croissance durable de l'économie palestinienne en prenant des mesures additionnelles pour améliorer les mouvements de personnes et de biens, le commerce et les exportations, que ce soit en Cisjordanie ou à Gaza.

Les violences et les foyers de tension sur le terrain rendent d'autant plus difficile de surmonter l'impasse politique, a poursuivi M. Feltman, qui a confirmé l'expansion continue des activités de peuplement en Cisjordanie, où près de 7.000 oliviers appartenant à des Palestiniens ont été détruits, endommagés ou confisqués par des colons depuis le début de l'année.

À cinq reprises, entre le 27 septembre et le 7 octobre, des extrémistes israéliens ont pénétré sur le site de l'esplanade des Mosquées pour y pratiquer des rites religieux, a ajouté le Secrétaire général adjoint, qui a également signalé une hausse des agressions de Palestiniens contre des Israéliens. Au cours du mois dernier, 226 opérations ont été menées par l'armée israélienne en Cisjordanie, tandis que des manifestations ont eu lieu pour protester contre le sort des grévistes de la faim dans les prisons israéliennes.

Quant aux élections palestiniennes locales, prévue le 20 octobre, elles ne pourront se dérouler qu'en Cisjordanie, le Hamas, qui détient le pouvoir à Gaza, n'ayant pas autorisé la Commission électorale à organiser le scrutin sur ce territoire, secoué par des « éruptions sporadiques de violence ». Pas moins de 72 roquettes et obus de mortier ont été tirés contre Israël depuis un mois, l'armée israélienne ayant mené à Gaza trois incursions pendant la période considérée.

Tous ces incidents reflètent la fragilité de la situation sur le terrain, a souligné le Secrétaire général adjoint, qui a appelé les parties à faire preuve de la plus grande retenue : « Nous devons œuvrer de concert au retour au calme, à la fin du bouclage des divisions interpalestiniennes ».

Des tensions ont par ailleurs été observées dans le désert du Sinaï, à la frontière israélo-égyptienne au cours de la période à l'examen, a-t-il précisé. À cela, s'est ajouté un développement inquiétant le 6 octobre dernier : le survol de l'espace aérien israélien, par un drone, finalement abattu par Tsahal. Cet incident a été revendiqué par le Hezbollah, avec le soutien manifeste des autorités libanaises qui ont indiqué, par la voix du Ministre des affaires étrangères, Adnan Mansour, que leur pays était « engagé dans une confrontation avec Israël ».

Évoquant la situation en Syrie voisine, où il est désormais fait état d'un bilan « invérifiable » de 30.000 morts après 20 mois de conflit, le Secrétaire général adjoint a affirmé que « les prédictions selon lesquelles le conflit pourrait déborder des frontières sont en train de se vérifier, comme l'illustre la récente escalade à la frontière syro-turque ».


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