Hongrie : un expert de l'ONU sur les déchets toxiques demande une plus grande responsabilité aux entreprises polluantes

Calin Georgescu, Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme et les déchets toxiques. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

11 octobre 2012 – Un rapporteur spécial de l'ONU s'est félicité jeudi de la volonté affichée par le gouvernement de la Hongrie de remédier aux effets de l'accident d'octobre 2010 à l'usine d'aluminium Ajka, la pire catastrophe écologique de l'histoire de ce pays pays, plaidant pour une plus grande responsabilisation des entreprises polluantes.

« La justice est bafouée quand ce sont les victimes qui paient pour la conduite des accusés », a dénoncé, à l'issue d'une mission d'information en Hongrie, Calin Georgescu, expert indépendant mandaté par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour enquêter sur l'impact de la gestion des substances et déchets toxiques sur les droits de l'homme.

« Je crains que, sans une amélioration des mécanismes de responsabilisation de certaines des entreprises les plus polluantes, la population hongroise ne demeure à la merci de celles qui déclinent leurs responsabilités et que les citoyens innocents n'en payent les conséquences sur le plan de leur santé, de leur vie et de leurs biens », a-t-il prévenu dans un communiqué de presse diffusé par le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH).

La mission du Rapporteur spécial portait sur l'étude des conséquences de l'accident industriel d'Ajka, dans l'ouest de la Hongrie, qui avait affecté les communes de Kolontar et Devecser. L'accident avait fait 9 morts, 122 blessés et causé des dégâts estimés à plus de 20 milliards de forints (910 millions de dollars). Une paroi d'un réservoir de matières toxiques de l'usine d'aluminium de la compagnie Mal (Magyar Aluminium) avait cédé sous la pression et une coulée de boues contaminées s'était déversée sur la région, atteignant même le Danube.

« En dépit des efforts de l'Union européenne pour recommander l'adoption, par les législations nationales, de mécanismes de responsabilité juridique pour les industries, la Hongrie, comme d'autres États membres, n'a pas suivi de manière adéquate ces recommandations », a déploré M. Georgescu.

L'expert a également évalué les questions de droits de l'homme liées à l'accident d'Ajka, notamment son impact en termes de santé, de logement et de pollution de l'eau. « Le gouvernement hongrois s'est engagé à atténuer les effets de l'accident », a-t-il poursuivi, rappelant la réaction rapide des autorités, avec l'envoi sur place d'équipes de secours médical et psychologique, ainsi que l'adoption de programmes de reconstruction et de supervision des conditions environnementales et de l'état de santé des habitants.

Malgré ces efforts du gouvernement, les communautés affectées demandent toujours une réparation équitable et définitive, affirmant que les parties responsables n'ont pas été amenées à rendre des comptes. A cet égard, M. Georgescu s'est dit satisfait du fait que les procédures judiciaires engagées par les communautés sinistrées contre l'entreprise responsable étaient actuellement en cours.


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