Journée de la fille : l'UNICEF, fer de lance onusien contre le mariage des enfants.

Des fillettes de l’école de Rukshana, à Kaboul, en Afghanistan. Photo: Fardin Waezi-MANUA.

11 octobre 2012 – À l'occasion de la toute première Journée internationale de la fille, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et ses partenaires se mobilisent pour mettre fin au mariage précoce– une violation fondamentale des droits humains aux répercussions dévastatrices pour ses victimes.

« La Journée internationale de la fille reflète de manière opportune la nécessité de mettre les droits des filles au cœur du développement », a souligné Anju Malhotra, spécialiste de la problématique hommes-femmes à l'UNICEF, une organisation qui se joint aux efforts de l'ensemble du système onusien pour pointer du doigt les défis qui continuent de se poser dans ce domaine.

Avec pour thème « Ma vie, mes droits, mettre fin au mariage forcé », la Journée est marquée par une série d'évènements qui se dérouleront aujourd'hui pour sensibiliser l'opinion publique internationale à cette question d'importance. Au Siège des Nations Unies à New York, l'Archevêque Desmond Tutu donnera à 11 heures une conférence de presse aux côtés de représentants de l'UNICEF, du FNUAP et d'ONU-Femmes afin de discuter des moyens pour les gouvernements, la société civile, les agences de l'ONU et le secteur privé de faire reculer le mariage précoce.

Au Malawi, le Parlement organisera aujourd'hui un débat à ce sujet, tandis qu'en Ouganda, la technologie SMS est utilisée par des jeunes pour aborder ouvertement cette pratique.

En partenariat avec les gouvernements, la société civile et les agences, fonds et programmes des Nations Unies, l'UNICEF pose actuellement les fondations d'un programme de lutte contre le mariage précoce. Rien qu'en 2011, les gouvernements de 34 pays ont pris des mesures sur les plans social et économique ou se sont dotées de législations appropriées.

En Inde, un des pays qui compte le plus grand nombre de filles mariées avant l'âge de 18 ans, le mariage précoce a décliné au niveau national et dans presque tous les états, passant de 54% en 1992-1993 à 43% en 2007-2008, à un rythme jugé cependant trop lent.

L'UNICEF y a soutenu l'adoption d'une loi d'interdiction du mariage précoce en 2006 et d'une stratégie nationale qui vise à coordonner les programmes et politiques visant à répondre à la fois aux causes et conséquences de cette pratique.

Des expériences dans des pays aussi divers que le Bangladesh, le Burkina Faso, Djibouti, l'Éthiopie, l'Inde, le Niger, le Sénégal et la Somalie ont montré comment des mesures juridiques, associées à des programmes à l'échelle communautaire, permettent de déboucher sur des alternatives viables – en particulier la scolarisation – acceptées par tous.

« Le mariage précoce peut souvent signifier la fin de l'éducation des filles. Dans des communautés où cette pratique prévaut, marier une fille s'inscrit dans une série de normes sociales et d'attitudes qui reflètent le peu de valeur accordée aux droits humains des filles », a expliqué Mme Malhotra.

L'éducation est une des stratégies les plus efficaces pour protéger l'enfant du mariage. Lorsque les filles sont scolarisées plus longtemps, un changement d'attitude peut également se produire en termes d'opportunités offertes au sein de leur communauté.

Selon l'UNICEF, près de 70 millions de filles âgées de 20 à 24 ans – soit environ une sur trois – se sont mariées avant l'âge de 18 ans, 23 millions d'entre elles avant l'âge de 15 ans. Au niveau mondial, 400 millions de femmes âgées de 20 à 49 ans, soit 40% de la population féminine mondiale de cette tranche d'âge, ont été mariées prématurément.


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