La CPI demande l'arrestation d'individus recherchés pour des crimes commis contre des femmes et des filles

Fatou Bensouda. Photo: Max Koot Studio

11 octobre 2012 – À l'occasion de la Journée internationale de la fille, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a réclamé jeudi l'arrestation d'individus recherchés par cette juridiction internationale pour des crimes commis à grande échelle, en particulier contre des femmes et des filles.

« Il est impératif de procéder à l'arrestation des personnes recherchées par la CPI comme Joseph Kony, Bosco Ntaganda et Omar al-Bachir et de les transférer à La Haye pour les juger afin de mettre un terme à ces crimes commis à grande échelle et pour que justice soit rendue à leurs victimes », a déclaré Fatou Bensouda dans un communiqué de presse.

« À l'occasion de cette première Journée internationale de la fille et au nom de toutes les victimes […], j'exhorte une nouvelle fois la communauté internationale à exécuter ces mandats d'arrêt et à répondre à la détresse des victimes », a-t-elle ajouté.

Accusé de multiples atrocités, notamment contre des enfants, Joseph Kony est le chef de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais qui sévit aux confins de l'Ouganda, de la République démocratique du Congo (RDC) et de la République centrafricaine. Bosco Ntaganda est un général mutin des Forces armées de RDC qui a pris la tête du M23, un groupe rebelle accusé d'avoir commis de nombreuses exactions contre les civils dans l'est de ce pays. Omar al-Bachir est le Président du Soudan, dont le gouvernement est accusé d'atrocités dans la province soudanaise du Darfour. Tous trois font l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre ou crimes contre l'humanité.

Mme Bensouda a tenu à rappeler la vulnérabilité particulière des filles dans les conflits armés. « Les souffrances endurées par les filles dans le monde entier lors de conflits armés constituent un problème pressant et une priorité absolue à mes yeux en tant que Procureur de la CPI », a-t-elle dit.

« Les filles figurent parmi les membres les plus vulnérables de la société : elles ne sauraient être utilisées comme esclaves sexuelles ou soldats ni être violées, subir des violences sexuelles ou être contraintes à assister à des agressions sexuelles atroces. Je continuerai de prendre en compte les crimes à caractère sexiste et les crimes contre les enfants, visés par le Statut de Rome de la CPI, dans nos chefs d'accusation et je m'efforcerai de faire pleinement appliquer la loi en leur nom pour que les personnes qui portent la responsabilité la plus lourde répondent de leurs actes », a souligné Mme Bensouda.

Le Bureau du Procureur, a-t-elle ajouté, œuvre en vue de l'adoption d'un document de politique générale relatif à la situation des enfants qui inclurait cette question essentielle. « Les femmes de demain ont un rôle important à jouer au cœur de nos sociétés, de nos communautés et de nos familles. Les filles du monde entier ne devraient pas être privées du droit fondamental de jouer, d'apprendre et de profiter de leur enfance », a-t-elle insisté.


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