Journée internationale de la fille : l'ONU se mobilise contre le mariage précoce

Les futurs époux Faiz Mohamed, 40 ans, et Ghulam Haider, 11 ans, à leur domicile dans un village d’Afghanistan. Photo: Stephanie Sinclair / VII

11 octobre 2012 – A l'occasion de la toute première Journée internationale de la fille, qui sera observée le 11 octobre, le Président du groupe des sages et fondateur du partenariat mondial « Filles, pas épouses », l'archevêque Desmond Tutu, le Secrétaire général Ban Ki-moon et les chefs des agences onusiennes pour la population (FNUAP), l'enfance (UNICEF) et les femmes (ONU Femmes), ont dénoncé la pratique des mariages précoces, qui constitue une violation des droits de toutes les filles qui en sont victimes.

En effet, ont-ils expliqué lors d'un panel de haut-niveau organisé dans le cadre de cette Journée, les mariages précoces privent les filles de leur enfance, interrompent leur éducation, limitent leurs opportunités, augmentent les risques d'abus et de violence et mettent leur santé en péril. Le phénomène est également un obstacle à presque tous les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et le développement de sociétés saines.

M. Ban a affirmé que « le fait pour une jeune fille d'aller à l'école ne devrait jamais être un acte de bravoure, où que ce soit dans le monde », faisant allusion à l'attaque perpétrée par des talibans cette semaine au Pakistan contre une jeune militante de 14 ans pour ses positions sur le droit des filles à l'éducation. Malala Yousufzai ayant survécu à ses blessures, les talibans ont promis d'essayer de nouveau de la tuer.

Cette attaque a été qualifiée d« acte révoltant et lâche » par le Secrétaire général, pour qui les « terroristes ont révélé ce qu'ils craignent par-dessus tout : une fille avec un livre ». Il a estimé que cet attentat était révélateur d'une « mentalité encore bien enracinée selon laquelle une femme ou une fille sont des citoyens de seconde classe ».

« Investir dans les filles est un impératif moral, une simple question de justice et d'égalité. C'est aussi une obligation en vertu de la Convention relative aux droits de l'enfant et de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, et un aspect essentiel de la réalisation des OMD, de la promotion de la croissance économique et de l'édification de sociétés pacifiques et solidaires », a souligné M. Ban dans un message officiel qu'il avait adressé dès hier, à la veille de cette Journée.

À l'échelon mondial, près d'une jeune femme âgée de 20 à 24 ans sur trois a été mariée avant l'âge de 18 ans et un tiers d'entre elles avant l'âge de 15. Le mariage précoce est souvent le résultat de grossesses non désirées, qui font courir un risque considérable pour la santé des filles. Dans les pays en développement, les complications liées aux grossesses sont la plus importante cause de mortalité pour les filles de cette tranche d'âge.

Les filles avec un faible niveau de scolarisation sont les plus exposées au risque de mariage précoce, qui dans presque tous les cas met fin à l'éducation. En revanche, celles qui ont bénéficié d'une éducation jusqu'au niveau secondaire sont six fois moins susceptibles d'être contraintes de se marier prématurément. Comme l'affirme l'UNICEF, l'éducation est donc l'un des moyens de lutte les plus efficaces contre ce phénomène.

« L'éducation est l'un des meilleurs moyens de protéger les filles contre le mariage précoce. Lorsqu'elles peuvent rester à l'école et éviter d'être mariées à un jeune âge, les filles peuvent jeter les bases d'une vie meilleure tant pour elles-mêmes que pour leurs propres familles », a assuré le Secrétaire général.

« Laissons-nous guider par le thème de cette Journée –Ma vie, mes droits, fini le mariage d'enfants – et assumons le rôle qui nous revient pour permettre aux filles d'être des filles, et non des épouses », a-t-il conclu, en invitant les gouvernements, les familles, les responsables communautaires et les chefs religieux, la société civile, le secteur privé, les familles et en particulier les hommes et les garçons, à promouvoir les droits des filles, notamment grâce à la mise en œuvre des conventions pertinentes et de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing.


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