Namibie : une experte de l'ONU demande au gouvernement d'intensifier le combat contre les inégalités

Une femme cherchant de l’eau dans un puit en Namibie. Photo ONU/E. Debebe

8 octobre 2012 – La Rapporteuse spéciale de l'ONU sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme, Magdalena Sepulveda, a averti lundi que des inégalités importantes et inacceptables persistaient en Namibie, deux décennies après l'indépendance du pays.

« Je reconnais le lourd héritage du colonialisme, mais les progrès n'ont pas eu lieu à un rythme satisfaisant », a déclaré Mme Sepulveda dans un communiqué de presse, à la fin de sa première mission en Namibie.

Elle a rappelé que la Namibie avait connu la stabilité politique et une croissance économique ininterrompue depuis son accession à l'indépendance en 1990 et que le pays possèdait des ressources naturelles importantes.

Mais, a ajouté l'experte indépendante de l'ONU, « le fait que la Namibie demeure l'un des pays présentant les plus importantes inégalités au monde est une indication claire que les bénéfices de la croissance économique n'ont pas profité aux plus pauvres ».

Mme Sepulveda a indiqué que le cadre légal robuste et les bonnes politiques et programmes du gouvernement en matière de développement n'avaient eu qu'un effet très limité pour améliorer la situation des Namibiens les plus pauvres.

« Les politiques sociales dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la formation professionnelle, de l'emploi et des réformes foncières sont sapées par une mauvaise mise en œuvre », a expliqué Mme Sepulveda, ajoutant que les capacités institutionnelles limitées, le manque de personnel qualifié, un processus de décentralisation trop lent et un manque de suivi étaient parmi les facteurs qui empêchent ces politiques de réaliser les objectifs affichés.

« En Namibie, la pauvreté est surtout féminine », a indiqué Mme Sepulveda, expliquant que les femmes continuaient d'être marginalisés car elles n'ont pas un accès égal aux moyens de production et sont plus durement frappées par le chômage et le VIH/Sida. Les taux de mortalité maternelle et de violence sexuelle et sexiste sont également très élevés dans le pays.

La Rapporteuse spéciale a appelé à des réformes structurelles systématiques afin de limiter l'inégalité socio-économique dans le pays et à des programmes de protection sociale pour les personnes les plus marginalisées.

« Les Namibiens pauvres ne peuvent pas attendre encore longtemps avant de profiter des bénéfices de la croissance économique. Le gouvernement doit assurer que les besoins vitaux des plus pauvres soient satisfaits au plus vite », a souligné Mme Sepulveda.


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