Le chef de la MINUSTAH presse Haïti de renforcer son secteur de la sécurité, facteur de stabilité

Le Représentant spécial pour Haïti, Mariano Fernandez.

3 octobre 2012 – Le Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti a fait part mercredi, devant le Conseil de sécurité, de progrès notables dans la stabilisation et l'instauration de l'état de droit dans ce pays au cours des six derniers mois, que le renforcement du secteur de la sécurité ne saurait qu'appuyer.

Mariano Fernández Amunátegui s'est félicité de l'annonce faite par le Président d'Haïti, Michel Martelly, de la publication de la version révisée des amendements constitutionnels, parmi lesquels figurent la création d'un Conseil électoral permanent et d'un Conseil constitutionnel et l'imposition d'un quota de 30% de femmes au sein de la fonction publique.

Le Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) a également salué la nomination, en mai, d'un nouveau Premier Ministre, Laurent Lamothe, qui a pris des mesures de création d'emplois et de lutte contre la contrebande « allant dans la bonne direction ». Le 3 juillet dernier, en outre, un Conseil supérieur du pouvoir judiciaire a été créé.

Mais la stabilisation politique du pays se heurte encore à des obstacles, comme les divergences sur la composition du Sénat haïtien ou encore l'impasse dans laquelle se trouve actuellement le Conseil électoral permanent. C'est pourquoi, a insisté le Représentant spécial, il est crucial de renforcer la légitimité de la composition de ce Conseil.

L'état de la sécurité en Haïti est relativement stable, en dépit de troubles civils sporadiques principalement dus à des revendications de nature sociale et économique et de l'instabilité causée par des éléments des anciennes forces armées et des « nouvelles recrues », a poursuivi M. Fernández Amunátegui.

Il a soutenu les « mesures fermes » prises par le Premier Ministre contre ces éléments perturbateurs, la Police nationale haïtienne, avec l'aide de la MINUSTAH, ayant fait évacuer sans incident, en mai dernier, les 10 principaux sites occupés dans tout le pays par ces éléments.

La poursuite du renforcement de la Police nationale haïtienne est cruciale au relèvement du pays, a cependant noté le Représentant spécial, pour qui l'adoption d'un plan quinquennal pour parvenir d'ici à 2016 à une police forte de 15.000 membres est une étape importante.

« C'est un engagement considérable pris par le Gouvernement d'Haïti », a affirmé le Représentant spécial, qui a également salué la décision de démettre de leurs fonctions 79 policiers responsables d'actes de corruption.

Comme le préconise le Secrétaire général dans le rapport soumis à l'attention du Conseil, M. Amunátegui a recommandé la réduction des effectifs militaires de la Mission de 7.340 à 6.270 hommes et des effectifs de police de 3.241 à 2.601 d'ici à juin 2013, dans une optique de long terme qui verrait la Mission devenir une mission politique.

Il a ensuite rappelé qu'en juin 2012, plus de 390.000 personnes déplacées vivaient dans 575 camps, soit une baisse de 73% par rapport aux chiffres de juillet 2010, date à laquelle 1.555 camps en accueillaient 1,5 million. À ce rythme, on estime à plus de 230.000 le nombre de personnes déplacées à la fin de 2012.

Après huit ans de présence de la MINUSTAH, les progrès réalisés sont considérables, a-t-il soutenu. « Il faudrait désormais faire fructifier les dividendes de la stabilité en œuvrant au développement économique et social du pays », a préconisé le Représentant spécial, qui a cité comme priorité l'amélioration des perspectives d'emplois pour les jeunes.


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