Le HCR demande aux États membres d'assumer leurs responsabilités en matière de droit d'asile

De jeunes réfugiés syriens en Jordanie sont pris en charge à leur arrivée dans le camp de Za'tari, où le HCR s'efforce d'améliorer les conditions de vie. UNHCR/A. Eurdolian

3 octobre 2012 – Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) plaide pour une volonté politique renforcée en vue d'aider les réfugiés, les demandeurs d'asile, les déplacés internes et les apatrides, dont le nombre total – plus de 42 millions – ne cesse d'augmenter sur fond de multiplication des situations d'urgence en Afrique et au Moyen-Orient.

Dans une allocution prononcée lors de la réunion annuelle de l'organe directeur du HCR, le Comité exécutif, la Haut Commissaire assistante en charge de la protection, Erika Feller, a dressé la liste des obstacles qui se posent aujourd'hui pour apporter une protection de qualité : situations de déplacement prolongé, installations peu sûres, difficultés pour aider les personnes extrêmement vulnérables et manques de financement.

Mais elle s'est également lancée dans un réquisitoire contre les pays qui cherchent à rejeter sur d'autres leurs responsabilités en matière d'octroi du droit d'asile.

« La volonté politique n'est pas suffisante en amont de la protection », a-t-elle déclaré. « Cela est mis en avant de façon troublante par l'attitude prépondérante d'un certain nombre d'États qui disent : « Oui, nous compatissons sur votre sort, mais s'il vous plaît, cherchez une solution ailleurs. » Erika Feller n'a pas spécifié à quels États elle faisait référence.

L'année 2012 a déjà vu des déplacements massifs de populations dans des régions d'Afrique et du Moyen-Orient, principalement depuis les conflits sévissant en Syrie, au Soudan du Sud et au Soudan, en République démocratique du Congo et au Mali. Les personnes nouvellement déplacées dans ces régions s'ajoutent à la population de 42,5 millions de réfugiés, déplacés et demandeurs d'asile à travers le monde.

Erika Feller s'est faite l'écho de l'appel lancé lundi par le Haut Commissaire des Nations Unies António Guterres pour faire davantage afin d'aider les pays accueillant d'importantes populations réfugiées, y compris en aidant à l'insertion locale des personnes qui ne peuvent pas rentrer chez elles.

À travers le monde, les demandes de réinstallation dépassent la disponibilité actuelle, avec un ratio de 10 personnes par place.

Erika Feller a également évoqué la nécessité d'une action plus concertée visant à réduire les risques en matière de protection pour des groupes spécifiquement vulnérables, notamment les enfants réfugiés non accompagnés, les personnes handicapées et celles fuyant la persécution en raison de leur orientation ou identité sexuelles.

Elle a également fait part de problèmes auxquels sont confrontés les enfants qui, du fait de leur déplacement, ne sont plus scolarisés, ou qui finissent par être envoyés en centre de détention pour immigrés. Les jeunes filles et les femmes, a-t-elle indiqué, sont souvent confrontées à des difficultés particulières.

« Les situations de déplacement forcé sont souvent influencées par les questions de genre. En effet, elles affectent tout particulièrement les femmes et les jeunes filles de façon disproportionnée. L'exposition au risque de viol, de la traite d'êtres humains, de la prostitution de survie ainsi que la combinaison entre la pénurie de documents d'identité et l'exclusion de l'aide et des services sont communément observées », a-t-elle précisé, ajoutant que le HCR travaillait à combattre l'impunité en renforçant son travail de prévention de la violence sexuelle à l'encontre des femmes.


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