Honduras : des experts de l'ONU dénoncent un climat d'insécurité et de violence pour les défenseurs des droits de l'homme

Carte du Honduras. OCHA/ReliefWeb

1 octobre 2012 – Trois experts des Nations Unies ont condamné lundi le meurtre au Honduras d'un avocat renommé spécialiste des droits de l'homme et dénoncé le climat d'insécurité et de violence auquel sont confrontés les défenseurs des droits humains dans le pays.

« Le meurtre d'Antonio Trejo Cabrera est totalement inacceptable », ont déclaré, dans un communiqué de presse, les Rapporteurs spéciaux de l'ONU sur la situation des militants des droits de l'homme, Margaret Sakaggya, sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christof Heyns, et sur la liberté d'expression, Frank La Rue.

M. Cabrera a été tué de cinq balles, le 2 septembre dernier, près de l'aéroport Toncontin de Tegucigalpa. Il était très actif dans les médias, où il dénonçait fréquemment ce qu'il considérait comme des abus commis par des propriétaires terriens ou par des hommes politiques. Quelques heures avant son assassinat, il avait participé à un débat télévisé, lors duquel il avait accusé des responsables politiques de se servir de projets municipaux privés pour lever des fonds de campagne.

En février 2012, M. Cabrera avait rencontré Mme Sekaggya, alors en visite officielle au Honduras, et lui avait présenté la situation des militants des droits de l'homme dans la basse vallée du fleuve Aguan, dans le nord du pays. Il lui avait confié avoir reçu de multiples menaces de mort en raison de son travail.

« Je suis très attristée par le meurtre de M. Cabrera et me fais l'écho de ce qu'a dit la Haut Commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, sur le climat inacceptable d'insécurité et de violence pour les défenseurs des droits de l'homme dans ce pays », a déclaré Mme Sekaggya. « Il est impératif que le Gouvernement mette en place le plus tôt possible un programme de protection des défenseurs des droits de l'homme ».

De son côté, M. Heyns s'est dit profondément préoccupé par l'impunité dont jouissent les auteurs de ce genre de violences au Honduras et a rappelé au Gouvernement « son obligation d'enquêter rapidement et de manière complète et impartiale sur toutes les affaires présumées d'exécution extrajudiciaire, arbitraire ou sommaire ».

Soutenant ce point de vue, M. La Rue a demandé que les résultats de cette enquête soient communiqués à la famille d'Antonio Cabrera, au public hondurien et aux Rapporteurs de l'ONU compétents.

Antonio Trejo Cabrera était le principal avocat du Movimiento Autentico Reivindicador Campesino del Aguan (MARCA) et représentait plusieurs coopératives agricoles de la basse vallée de l'Aguan en conflit légal contre de puissants propriétaires terriens.


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