Le Tchad espère que le Conseil de sécurité autorisera le déploiement d'une force internationale dans le nord du Mali

Le Ministre des Affaires étrangères et de l’intégration africaine du Tchad, Moussa Faki Mahamat. Photo: ONU/Devra Berkowitz

29 septembre 2012 – Le Ministre des Affaires étrangères et de l'intégration africaine du Tchad, Moussa Faki Mahamat, a estimé samedi devant l'Assemblée générale que la crise malienne constituait un test et un défi lancés à la communauté internationale. Tout en se félicitant des engagements pris par la France, la CEDEAO et le Mali à « agir pour éradiquer cette gangrène », il a espéré que le Conseil de sécurité adopterait bientôt une résolution autorisant l'intervention d'une force militaire internationale dans ce pays.

D'une manière plus générale, M. Mahamat a observé que « l'Afrique est le condensé de tous les maux dont souffre le monde ». La guerre et les attentats en Somalie, la situation au Mali, les crises en République démocratique du Congo (RDC) et entre le Soudan et le Soudan du Sud, la violence en Libye, les accès de fièvre en Côte d'Ivoire et en République centrafricaine, autant de situations où les différents modes de règlement se sont avérés inopérants, selon lui.

Tout en se félicitant de l'intervention active de l'ONU sur les différents théâtres de conflits, il s'est interrogé sur l'efficacité de cette présence en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien et la crise en RDC. Dans le cadre des initiatives sous-régionales pour la paix et la sécurité au Sahel, les pays membres de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) ont engagé une réforme de cette organisation qui intégrera la dimension paix et sécurité dans les textes révisés qui seront adoptés le 29 novembre prochain, a annoncé M. Faki Mahamat.

Le Ministre a rappelé que le Tchad avait demandé, en 2010, le départ de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT). Il a rappelé qu'en dépit d'un budget colossal et des moyens importants, cette force n'avait « pas pu être dissuasive ». C'est le Détachement intégré de sécurité (DIS), une force spéciale nationale composée de 600 hommes et femmes, qui en a pris le relais, a-t-il indiqué, pour un coût annuel de quatre millions de dollars que le Tchad supporte seul. Alors que le budget de cette Force est sur le point de passer à 20 millions – soit à peine un dixième de celui de la MINURCAT - il a demandé à l'ONU de prendre en considération cette situation et d'apporter une aide au gouvernement tchadien.

Par ailleurs, M. Mahamat a indiqué que son pays poursuit les réformes politiques nécessaires à son développement et à sa stabilité. Le Tchad vient d'organiser des élections municipales, « une première dans notre histoire politique », s'est-il félicité. Le Tchad a également posé sa candidature à un siège non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2013-2014.


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