L'Allemagne, à l'ONU, défend les valeurs de liberté, de tolérance et de respect

Le Ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle. Photo: ONU/J Carrier

28 septembre 2012 – Le Ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, a défendu vendredi le principe de la liberté, même si cette dernière n'est pas toujours facile à vivre et que « la liberté n'est pas un cadeau, mais doit être gagnée et constamment défendue. »

La liberté ne se limite pas à la liberté de penser, c'est aussi la liberté d'exprimer publiquement opinions et critiques et c'est la raison pour laquelle la liberté « n'est pas toujours confortable », a-t-il poursuivi dans son adresse aux délégations participant à la 67ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Mais « la liberté a une fille, la tolérance, et un fils, le respect, celui des autres peuples et de ce qui est important et sacré pour eux.», a-t-il souligné. Par conséquent, la liberté exige qu'on fasse preuve de responsabilité dans son exercice, a insisté M. Westerwelle, qui a dit comprendre les croyants de nombreux pays qui ont été blessés par la diffusion en ligne d'un «vidéo anti-Islam honteuse ». Ce film produit aux États-Unis a déclenché de récentes manifestations violentes dans plusieurs pays musulmans, notamment en Libye où l'Ambassadeur des États-Unis et trois autres personnes ont été tués dans l'attaque du consulat américain à Benghazi.

Toutefois, la critique légitime et l'indignation ne peuvent et ne doivent pas justifier des actes de violence, a affirmé le Ministre allemand. Il s'est opposé à ceux qui voient dans l'image d'ambassades en feu l'expression d'un « choc de civilisations. » Pour lui, il s'agit plutôt d'un « conflit interne de civilisation », d'une lutte pour l'âme du mouvement de changement qui déferle sur le monde arabe.

Les extrémistes veulent prendre le contrôle des mouvements pour la liberté et la dignité, et on ne doit pas les laisser réussir, a-t-il prévenu. Pour sa part, l'Allemagne continuera à soutenir les peuples du monde arabe dans leur lutte pacifique pour la paix, la dignité et l'autodétermination, à travers des partenariats dans le secteur de l'éducation et du travail, des investissements et tout autre domaine, a assuré le Ministre.

Pour ce qui est de la situation en Syrie, M. Westerwelle a déploré que, jusqu'à présent, le Conseil de sécurité n'ait pas été capable d'assumer ses responsabilités vis-à-vis du peuple syrien, affirmant que l'impasse devait cesser avant que ce conflit ne s'étende à toute la région. L'Allemagne, avec ses partenaires et l'ONU, vient en aide aux réfugiés syriens et appuie pleinement les efforts du Représentant spécial du Secrétaire général pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, pour trouver une solution politique, a-t-il dit. Le Ministre s'est félicité de l'attachement que la Ligue des États arabes a démontré, au cours de ces 20 derniers mois, aux valeurs de la Charte des Nations Unies. À l'initiative de l'Allemagne, le Conseil de sécurité a renforcé cette semaine ses relations avec la Ligue, en reconnaissant ainsi le rôle constructif et positif qu'elle a joué.

Rappelant le principe qui guide les interventions allemandes à l'étranger selon lequel il ne peut y avoir de développement sans sécurité et vice-versa, le Ministre a expliqué que cela s'appliquait aux efforts de son pays en Afghanistan ainsi qu'en Somalie, au Yémen, dans la région des Grands Lacs et au Sahel pour y rétablir la stabilité. Il a également fait part de ses préoccupations concernant le différend sur le nucléaire iranien. Il a regretté qu'à ce jour, l'Iran n'ait pas fait preuve de transparence dans ses relations avec l'AIEA, mais espéré néanmoins qu'il sera possible de parvenir à une solution politique et diplomatique. « Le temps presse, car la sécurité d'Israël et la stabilité de toute la région sont en jeu », a-t-il averti.

Le Ministre a également rappelé que la politique étrangère de l'Allemagne était une politique pour la paix et qu'elle était profondément ancrée en Europe. À ceux qui s'interrogent sur la capacité de l'Europe de gérer sa dette souveraine, M. Westerwelle a répondu que la situation était difficile et exigeait une discipline budgétaire, mais que l'Europe émergera de cette crise plus forte que jamais parce qu'elle aura resserré ses rangs.

En savoir plus





Coup de projecteur