À l'ONU, une réunion de haut niveau plaide pour une solution politique à la crise dans l'est de la RDC

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (à droite) en réunion avec le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila. Photo: ONU/E. Debebe

27 septembre 2012 – Le Secrétaire général de l'ONU a affirmé jeudi la nécessité de mettre fin aux souffrances causées par la crise dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où 320.000 civils ont été déplacés par la reprise des combats et des violences, et appelé à trouver d'urgence une solution pacifique basée sur le dialogue.

« Il n'y a pas de solution militaire à cette crise. Nous devons envisager des options concrètes pour apporter une solution pacifique basée sur un dialogue approfondi, une intégration régionale accrue et des mesures de confiance », a affirmé M. Ban à l'ouverture d'une réunion de haut niveau sur la situation en RDC, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

« Les acteurs régionaux et sous-régionaux les plus affectés par cette crise sont les mieux à même d'aider à trouver une solution », a-t-il déclaré devant ce forum, où siégeaient notamment les Présidents de la RDC, du Rwanda et de la Zambie et des représentants de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), de l'Union africaine (UA), de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et de l'Union européenne (UE).

Mais les efforts de la CIRGL, de la SADC et de l'UA sont également cruciaux, a estimé M. Ban, car « ils reflètent un approfondissement de l'intégration régionale qui à l'avenir, servira de base à la prévention de nouveaux conflits ».

Les participants à la réunion ont exprimé leur inquiétude quant à la gravité de la situation sécuritaire et humanitaire dans l'est de la RDC du fait des activités de groupes armés, notamment du M23, un groupe dirigé par d'anciens officiers de l'armée congolaise auteurs d'une mutinerie le 23 mars dernier.

Des affrontements armés ont éclaté à plusieurs reprises ces derniers mois entre le M23 et les forces armées de la RDC, appuyées par les soldats de la Mission de l'ONU pour la stabilisation déployée dans le pays (MONUSCO).

Les participants à la réunion ont appelé le M23 et autres « forces négative »s à cesser immédiatement toute forme de violence, y compris les violences sexuelles, le recrutement d'enfants, ainsi que l'établissement d'administrations parallèles. Ils ont réitéré l'importance capitale de la restauration totale de l'autorité de l'Etat congolais, et que toute activité menaçant cette autorité contribuait à l'instabilité dans la région. Les participants ont condamné ces activités et appelé les auteurs à les cesser immédiatement.

La plupart des participants ont par ailleurs condamné toutes les formes de soutien extérieur au M23 et aux autres forces négatives opérant en RDC et exigé que ces soutiens cessent immédiatement et définitivement. Ils ont demandé que les dirigeants du M23 soient tenus responsables des violations du droit international humanitaire, en particulier les commandants impliqués dans la commission d'atrocités par le passé et qui posent actuellement la menace la plus grave pour les populations civiles.

La dégradation de la situation humanitaire dans l'est de la RDC a suscité de vives préoccupations. Plus de 260.000 personnes ont fui les combats dans la province congolaise du Nord Kivu et 60.000 autres se sont réfugiées au Rwanda et en Ouganda voisins, depuis le début de la mutinerie du M23. L'instabilité dans la sous-région affecte gravement la vie, la santé et les moyens de subsistance des populations civiles qui vivent sous la menace constante d'attaques, de pillages et d'autres violations des droits de l'Homme.

Des préoccupations ont été exprimées quant au niveau de financement insuffisant de l'aide aux personnes nécessiteuses et aux difficultés que rencontre l'accès humanitaire dans la plus grande partie du Nord Kivu, en raison de l'insécurité et de la mauvaise infrastructure routière. Les participants ont donc appelé toutes les parties au conflit à permettre un accès humanitaire sécurisé, dans les temps et sans entrave vers les zones sous leur contrôle. Ils ont salué l'initiative de la CIRGL mettant sur pied un Fonds régional humanitaire et appelé la communauté internationale à y contribuer.

Les participants ont noté la nécessité de poursuivre une voie politique afin d'arriver à une solution durable, notamment par le biais d'un dialogue renforcé, accueillant favorablement des efforts supplémentaires, au besoin, de médiation sur le plan régional et international. Ils ont, en particulier, insisté sur l'urgence d'un engagement et d'un dialogue constructifs entre la RDC et le Rwanda. En outre, ils ont souligné la nécessité de s'atteler aux causes profondes du conflit dans l'est de la RDC et de renforcer les mécanismes de confiance à tous les niveaux, y compris à travers des réunions de haut niveau tenues de manière régulière avec la participation de hauts responsables militaires et politiques de la RDC et du Rwanda.

Une proposition de déployer une force internationale neutre le long de la frontière entre la RDC et le Rwanda a été avancée en juillet par les pays des Grands lacs. Elle est actuellement à l'étude au Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU. Selon M. Ban, cette proposition doit être encore affinée, en coordination avec diverses parties engagées dans la recherche d'une solution.


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