HCR: nouvel afflux de réfugiés au Soudan du Sud après des attaques aériennes et terrestres

Des femmes et enfants soudanais attendent de recevoir des traitements pour malnutrition dans le camp de réfugiés de Yida, au Soudan du Sud. Photo: HCR/K. Mahoney

26 septembre 2012 – Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué mardi qu'une reprise des attaques aériennes et terrestres dans l'Etat du Kordofan méridional au Soudan avait provoqué un nouvel afflux de population vers le Soudan du Sud.

« Environ 100 réfugiés arrivent chaque jour dans la ville frontalière de Yida, dans l'État d'Unity. Les réfugiés sont dans un état de santé préoccupant et ils arrivent sans rien », a indiqué la porte-parole du HCR, Melissa Fleming, dans un communiqué de presse .

Certains réfugiés ont indiqué au HCR avoir fui à cause de graves pénuries alimentaires au Kordofan méridional. Beaucoup ont expliqué qu'ils prévoyaient de construire un abri dans le camp de réfugiés de Yida avant de retourner à la frontière pour aller chercher des membres de leur famille.

« Nous nous attendons à un afflux accru vers Yida alors que les précipitations diminuent et en prévision d'une nouvelle escalade du conflit au Kordofan méridional. Avec l'augmentation des arrivants, il pourrait y avoir plus de 80.000 réfugiés d'ici la fin de cette année », a prévenu la porte-parole du HCR. Le camp de réfugiés de Yida, isolé et difficile d'accès, est surpeuplé avec plus de 64.200 réfugiés, alors des sites supplémentaires pour les nouveaux arrivants seront nécessaires pour éviter la congestion et les risques sanitaires associés.

Avec la tension croissante dans les zones frontalières, le HCR est « extrêmement préoccupé » par la sécurité des réfugiés dans le camp de Yida, qui se situe près de la frontière. « Le HCR continue de travailler avec la communauté réfugiée pour plaider en faveur d'un transfert de l'installation vers un lieu plus sûr, dès que les routes seront à nouveau praticables [à la fin de la saison des pluies, en novembre] », a ajouté Mme Fleming.

Le HCR fournit également un appui aux autorités sud-soudanaises dans leurs efforts pour veiller à ce qu'il n'y ait ni armes ni combattants dans le camp de Yida et éviter le recrutement forcé. Récemment toutefois, la recherche de caches d'armes a débouché sur des cas de détention arbitraire et d'abus commis contre des réfugiés.

« Conjointement avec nos partenaires, nous surveillons la situation et intervenons pour obtenir la libération des détenus », a précisé Mme Fleming.

Parallèlement, le HCR est préoccupé par le fait que les pluies diluviennes et les inondations dans l'État sud-soudanais du Haut Nil pourraient rendre les routes impraticables et empêcher l'accès aux camps où sont accueillis quelque 105.000 réfugiés. Ceci pourrait affecter l'assistance, ainsi que le bon déroulement des campagnes de soins intensifs, d'hygiène et de nutrition lancées en mai pour lutter contre la malnutrition et une épidémie d'hépatite E.

De nombreuses routes sont déjà inondées et pourraient bientôt se retrouver impraticables. À ce jour, la ville de Bunj est la plus affectée. « Nous sommes particulièrement préoccupés par la condition des réfugiés dans le camp de Doro, adjacent à cette ville, où près de 75 familles ont déjà été sinistrées par les inondations ces derniers jours », a indiqué la porte-parole.

Le Soudan du Sud accueille désormais 201.000 réfugiés, dont plus de 170.000 dans les États d'Unity et du Haut Nil. Le HCR recherche 186 millions de dollars pour son opération d'aide d'urgence aux réfugiés soudanais fuyant vers le Soudan du Sud depuis le Kordofan méridional et le Nil Bleu. Le HCR a déjà reçu 71 millions et se tourne vers les gouvernements, le secteur privé et les particuliers pour de nouvelles contributions.


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