Hollande invoque à l'ONU le multilatéralisme pour trouver des solutions politiques aux crises au Mali et en Syrie

Le Président de la France, François Hollande, le 25 septembre, devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Photo: ONU/Marco Castro

25 septembre 2012 – Le Président de la France, Fançois Hollande, a invoqué mardi, devant l'Assemblée générale de l'ONU, « des valeurs qui n'appartiennent à aucun peuple, qui ne sont la propriété d'aucune nation, qui ne sont le privilège d'aucun continent, mais que la France a toujours proclamées et défendues : la paix, la justice, le progrès, la solidarité », ainsi que « des droits qui sont ceux de tout être humain : la liberté, la sûreté, la résistance à l'oppression ».

Selon M. Hollande, élu en mai dernier et qui s'exprimait pour la première fois devant cette instance, la mission des Nations Unies est de permettre aux Étatsde « trouver, ensemble, des réponses justes et fortes aux défis » que constituent les violations de ces droits.

Mais, a-t-il ajouté, si l'ONU a pu, ces dernières années, mettre fin à des conflits meurtriers et prévenir des affrontements sanglants, l'Organisation demeure en même temps, par inertie, division ou blocage des institutions, incapable d'empêcher la guerre, les exactions ou les atteintes aux droits des peuples. « Il nous appartient alors de prendre pleinement nos responsabilités », en réformant d'abord l'Organisation, a-t-il lancé à l'adresse des 193 États Membres.

Le Président français a ainsi jugé que le Conseil de sécurité devrait « mieux refléter les équilibres du monde d'aujourd'hui », la France appuyant en ce sens la demande d'élargissement formulée par l'Allemagne, le Japon, l'Inde et le Brésil, et étant favorable à une présence accrue de l'Afrique, y compris parmi les membres permanents.

Il convient également d' « agir ensemble » et d'« agir vite, car il y a urgence », a ajouté M. Hollande. « L'urgence, c'est d'abord la Syrie », a-t-il expliqué, se disant convaincu que le régime de Bachar Al-Assad « ne retrouvera jamais sa place dans le concert des nations ». Il a précisé que la France reconnaîtrait le gouvernement provisoire, représentatif de la nouvelle Syrie libre, lorsqu'il serait formé. Il a, en attendant, demandé que les Nations Unies accordent dès maintenant au peuple syrien le soutien qu'il réclame et protègent les zones libérées, en apportant une aide humanitaire aux réfugiés. Il a ajouté que la communauté internationale ne resterait pas inerte si les dirigeants de Damas venaient à utiliser des armes chimiques.

L'urgence, a poursuivi M. Hollande, c'est aussi de lutter contre la prolifération des armes de destruction massive, selon lui la plus grave des menaces contre la paix et la sécurité internationales. Il a ainsi déclaré que la France, avec ses partenaires européens, était prête à prendre de nouvelles sanctions contre l'Iran.

« Dans cette région du Moyen-Orient, l'urgence, c'est de trouver enfin une issue au conflit israélo-palestinien », a-t-il ajouté, sachant que « le statu quo n'est pas une réponse », mais une « impasse ».

« L'urgence, c'est enfin le Sahel », a encore affirmé le chef de l'État français, selon lequel « la communauté internationale doit prendre la mesure de la gravité de la situation créée par l'occupation d'un territoire par des groupes terroristes dans le nord du Mali ». Il a appelé à aider les pays de la région à « trouver ensemble une réponse politique, économique et humanitaire », l'Union africaine et la CEDEAO devant prendre des « décisions courageuses ». La France, a-t-il déclaré, « soutiendra les initiatives que prendront les Africains, à partir de la légalité internationale que leur confèrera une résolution du Conseil de sécurité. » « Il s'agit de permettre au Mali de retrouver, le plus vite possible, son intégrité territoriale », a-t-il précisé.

M. Hollande a rappelé que cette Assemblée avait affirmé, en 2005, un principe : les États ont la responsabilité d'assurer la sécurité de leurs civils. Et s'ils venaient à manquer à cette obligation, l'ONU s'est engagée à l'assumer à leur place. « N'enterrons pas cette promesse », a dit le Président français, en pensant en particulier à la République démocratique du Congo, « où, de surcroît, les ingérences étrangères doivent cesser ».

Les Nations Unies doivent être le cadre de la gouvernance mondiale, a estimé M. Hollande en concluant. Mais, a-t-il ajouté, ce qui menace l'Organisation, c'est « l'indécision, la lourdeur des procédures, l'enlisement, l'impuissance face à des périls qui, eux, n'attendent pas. » En conséquence, il a appelé les Etats Membres à agir ensemble et prendre leurs responsabilités pour être à la hauteur des attentes des peuples. Pour sa part, « la France y est prête », a-t-il assuré en conclusion.


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