À l'ONU, Barack Obama lance un appel à la tolérance et met en garde Téhéran et Damas

Le Président des Etats-Unis, Barack Obama, lors du débat général de la 67ème session de l’Assemblée générale, le 25 septembre 2012. Photo ONU/JC McIlwaine

25 septembre 2012 – Le Président des États-Unis, Barack Obama, a lancé, mardi devant l'Assemblée générale des Nations Unies, un appel à la tolérance après les troubles qui ont secoué le monde musulman ces dernières semaines, ainsi qu'un avertissement aux régimes syrien et iranien.

M. Obama a commencé par rendre un hommage appuyé à Christopher Stevens, l'ambassadeur américain en Libye tué aux côtés de trois autres personnels dans une attaque terroriste le 11 septembre à Benghazi, en expliquant que ce diplomate passionné incarnait ce que « l'Amérique a de meilleur ».

Pour lui, cette attaque contre des civils n'était pas simplement une attaque contre l'Amérique, mais un assaut dirigé contre les idéaux mêmes des Nations Unies – « la notion que les peuples peuvent résoudre leurs différences de manière pacifique, que la diplomatie peut triompher de la guerre et que, dans un monde interdépendant, chacun d'entre nous a quelque chose à gagner à œuvrer à de meilleures opportunités et à la sécurité de tous nos citoyens ».

« Aujourd'hui, nous devons veiller à ce que notre avenir soit forgé par des gens comme Chris Stevens, et non par ses meurtriers. Aujourd'hui, nous devons déclarer que cette violence et cette intolérance n'ont pas leur place au sein des Nations Unies. »

Si le Président américain a jugé « révoltant » le film islamophobe qui a provoqué une levée de boucliers dans le monde musulman, il a toutefois rappelé que la Constitution des États-Unis, où cette vidéo a été tournée, protégeait le droit à la libre expression.

« En tant que dirigeant et Commandant en chef de nos forces armées, je m'attends à ce que l'on dise de moi les pires choses, mais je défendrai toujours le droit de le faire » a-t-il expliqué. De même, « aucune vidéo ne justifie une attaque contre une ambassade. Aucune calomnie ne peut servir d'excuse pour brûler un restaurant au Liban, détruire une école à Tunis ou causer la mort et la destruction au Pakistan. »

« Il est temps d'abandonner cet appel à la violence par la division. » L'avenir ne doit pas appartenir à ceux qui prennent les coptes d'Égypte pour cible, à ceux qui tyrannisent les femmes, à ceux qui pillent les ressources de leurs pays, a-t-il affirmé, estimant que c'était une obligation pour les dirigeants de tous les pays d'élever la voix contre la violence et l'extrémisme.

L'avenir ne doit pas non plus appartenir à ceux qui offensent l'Islam et le Prophète. « Mais pour être crédibles, ceux qui condamnent la calomnie doivent aussi condamner la haine que nous voyons dans les images profanées de Jésus-Christ, la destruction d'églises ou la négation de l'Holocauste. »

En Iran, « nous sommes témoins d'une idéologie irresponsable et violente ». Le gouvernement iranien, a accusé Barack Obama, soutient un « dictateur » à Damas et des groupes terroristes à l'étranger. L'Amérique souhaite trouver une solution par la diplomatie, a-t-il assuré. « Nous avons le temps et les possibilités de le faire, mais ce temps n'est pas indéfini », a-t-il prévenu, en assurant devant les États Membres que les États-Unis feraient tout pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

Le Président américain a également affirmé que le régime de Bachar Al-Assad en Syrie devait « prendre fin » pour que cessent les souffrances du peuple syrien et que se dessine une nouvelle « aube ».

« L'avenir ne sera pas du côté du dictateur qui massacre son peuple », a tranché M. Obama. « Ensemble, nous devons nous ranger aux côté des Syriens qui croient en une autre vision d'une Syrie unie et solidaire, où les enfants n'ont pas à craindre leur propre gouvernement et où tous les citoyens ont leur mot à dire sur la façon dont ils sont gouvernés. »

M. Obama s'et dit convaincu qu'en fin de compte, le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple était plus susceptible d'apporter la stabilité, la prospérité et les chances individuelles dans un monde de paix. « Nous avons pris ces positions parce que nous croyons que la liberté et l'autodétermination ne sont pas propres à une culture. Ce ne sont pas simplement des valeurs américaines ou des valeurs occidentales, ce sont des valeurs universelles. »

S'agissant du dossier israélo-palestinien, M. Obama a affirmé que « l'avenir ne doit pas appartenir à ceux qui veulent tourner le dos au processus de paix », réitérant la position de son pays en faveur d'un État juif prospère coexistant en paix et en sécurité avec une Palestine indépendante.


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