Ban exhorte les États à redoubler d'efforts pour résoudre les crises qui se multiplient dans un monde « troublé »

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, Photo: ONU/Marco Castro

25 septembre 2012 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rappelé mardi dans son allocution d'ouverture du débat général de la 67ème session de l'Assemblée générale, que le monde fait face à d'immenses défis pour garantir son avenir alors que de précieuses ressources qui devraient servir au développement économique et à l'atténuation des changements climatiques sont gaspillées dans des armes meurtrières.

« Cette année, je lance un appel urgent face à la direction prise par la famille humaine. Nous nous trouvons dans une époque troublée faite de transformations et de transitions, une époque où le temps n'est pas de notre côté », a souligné M. Ban.

« Notre usage des ressources pousse la planète à la limite de ce qu'elle peut supporter. Pour certains écosystèmes, cette limite est sur le point d'être atteinte. Selon les meilleurs scientifiques du monde, nous devons changer de cap avant qu'il ne soit trop tard », a-t-il ajouté.

De nombreux chefs d'États et de gouvernement sont actuellement à New York pour le débat général qui a débuté aujourd'hui et se poursuivra jusqu'au 1er octobre.

M. Ban a salué d'importants progrès, notamment dans le domaine de la lutte contre l'extrême pauvreté, qui a été réduite de moitié depuis 2000, les transitions démocratiques en cours au Moyen Orient, au Myanmar et dans plusieurs autres pays du monde. En outre, s'est-il encore félicité, l'Afrique connait actuellement la croissance la plus rapide au monde et l'Asie et l'Amérique du Sud font des avancées considérables en ce sens.

« Cependant, nous devons repousser nos ambitions. Nous devons attendre davantage de chacun d'entre nous et le monde est en droit d'attendre davantage des Nations Unies », a indiqué le Secrétaire général.

M. Ban a rappelé qu'il reste à peine trois ans jusqu'à la date-butoir que les États Membres se sont fixés pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

« Nous devons redoubler d'efforts pour éliminer la misère. La crise économique ne peut servir d'excuse pour revenir sur des engagements qui concernent les besoins fondamentaux de tous », a-t-il plaidé.

« Cela étant, même si nous atteignons les OMD, il restera beaucoup à faire. La Conférence Rio +20 a ouvert la voie, notamment à l'adoption d'un ensemble d'objectifs de développement durable post-2015 ».

Évoquant la Syrie, où plus de 18.000 personnes ont été tués depuis le début de l'insurrection contre le régime du Président Bachar al-Assad il y a 18 mois et près de 2,5 millions de syriens ont urgemment besoin d'une aide humanitaire, M. Ban a déploré une détérioration de la situation « de jour en jour » et la menace qu'elle représentait pour la stabilité du Moyen-Orient.

« La communauté internationale ne devrait pas se détourner d'une violence incontrôlable », a-t-il lancé, enjoignant les membres du Conseil de sécurité et les pays voisins de la Syrie à soutenir les efforts du Représentant spécial de l'ONU et de la Ligue des États arabes, Lakhdar Brahimi, pour trouver une solution pacifique et négociée au conflit.

« Des violations brutales des droits de l'homme continuent d'être commises, en premier lieu par le gouvernement, mais également par des groupes d'opposition. De tels crimes ne peuvent rester impunis. Il n'y a pas de prescription pour une telle violence », a rappelé M. Ban.

Quant au conflit israélo-palestinien, le Secrétaire général a souligné que le peuple palestinien doit pouvoir réaliser son droit à un État viable après des décennies d'occupation sévère et de restrictions humiliantes. « Le peuple israélien doit pouvoir vivre en paix et sécurité, sans avoir à craindre des menaces. »

« La solutions des deux États est la seule solution viable », a insisté le Secrétaire général, faisant référence au plan de paix de la communauté internationale qui prévoit un État israélien et un État palestinien coexistant en paix et en sécurité.

« Cependant cette option devient de plus en plus difficile à envisager. L'expansion continue des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés sape considérablement les efforts en faveur de la paix. Nous devons absolument sortir de cette impasse dangereuse », a-t-il souligné en conclusion.

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