La crise financière mondiale menace les progrès des pays les moins avancés, selon un rapport de l'ONU

Le Directeur de la Division de l’Afrique, des PMA et des programmes spéciaux de la CNUCED, Taffere Tesfachew. Photo: CNUCED

24 septembre 2012 – La persistance de la crise financière et la faible croissance économique à l'échelle mondiale freinent le développement des pays les moins avancés (PMA), dont la moitié risque désormais de ne pas réaliser leurs objectifs de développement à temps, a prévenu l'ONU dans un nouveau rapport.

Intitulé « Permettre la graduation des pays les moins avancés », et publié vendredi par la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED), le rapport s'appuie sur l'étude spécifique des cas de trois pays : la Zambie, le Bénin et le Cambodge. Il révèle que la poursuite de la crise économique a sérieusement ralenti et, dans certains cas, inversé les progrès économiques accomplis par les 48 États classés comme PMA.

Le Directeur de la Division de l'Afrique, des PMA et des programmes spéciaux de la CNUCED, Taffere Tesfachew, a indiqué qu'en Zambie, les recettes du gouvernement avaient diminué de près de 22% du fait des pertes estimées dans le secteur minier et de la baisse des exportations entre 2009 et 2010. En outre, entre juin 2008 et juin 2009, l'emploi dans le secteur minier zambien a chuté de 30,4 %.

« La crise économique et financière de ces dernières années a considérablement affaibli la capacité de nombreux PMA à maintenir à un niveau stable les revenus et les dépenses », a déclaré M. Teschafew. Il a ajouté que les constats effectués par son équipe au Cambodge – où près de 63.000 emplois ont été perdus entre juin 2007 et juin 2008– révèlent également une tendance générale à la baisse parmi les États classés comme PMA.

Selon le rapport, le Bénin a également connu une tendance négative, la proportion de personnes en situation d'extrême pauvreté passant de 33,4 à 34,4 % entre 2007 et 2009.

La Quatrième Conférence des Nations Unies sur les PMA, qui s'est tenue l'an dernier à Istanbul, en Turquie, avait abouti à l'adoption d'un Programme d'action prévoyant notamment qu'au moins la moitié de ces pays puissent sortir de ce groupe d'ici à 2020.

Seuls trois d'entre eux– le Botswana, le Cap Vert et les Maldives – y sont parvenus depuis la création de cette liste il y a 40 ans. Les Samoa devraient en sortir en 2014, mais un nouvel État, le Soudan du Sud, doit rejoindre les rangs des PMA, portant leur nombre à 49.


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