Des experts de l'ONU préoccupés par le sort des minorités religieuses en Iran

Le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de croyance, Heiner Bielefeldt. Photo ONU/Paulo Filgueiras

20 septembre 2012 – Deux Rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont salué jeudi la libération d'un pasteur en Iran accusé d'apostasie, mais ont également exprimé leur préoccupation concernant l'arrestation et la détention de centaines de membres de minorités religieuses au cours des dernières années dans ce pays.

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed, et le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction, Heiner Bielefeldt, ont appelés les autorités iraniennes à « atténuer les tensions actuelles pour les églises et en particulier pour les communautés protestantes évangéliques ».

Le Pasteur Youcef Nakhardani a été libéré plus tôt ce mois après avoir passé trois ans en prison pour des chefs d'inculpation qui, selon M. Shaheed, ne sont pas reconnus comme des crimes par le code pénal iranien. Le droit à la conversion religieuse fait partie intégrante de la liberté de religion et de conviction tels que définie dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Selon un communiqué de presse du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH), M. Nakhardani, qui est né de parents musulmans, s'est converti au christianisme à l'âge de 19 ans et est devenu membre de la communauté protestante de la ville de Rasht.

Il a été arrêté en octobre 2009 pour apostasie. En septembre 2010, il a été condamné à mort suite à un procès qui, selon M. Shaheed, n'a pas respecté les garanties d'une procédure régulière.

La condamnation a été confirmée par la Cour suprême, à moins que M. Nakhardani ne renonce à la religion chrétienne. Au début du mois, les autorités judiciaires iraniennes ont cependant ramené les chefs d'inculpation à des tentatives d' « évangélisation des musulmans » et l'accusé a été relâché après avoir déjà purgé la totalité de sa peine ainsi réduite.

De son côté, M. Bielefeldt a rappelé que l'Iran dispose d'un cadre juridique qui permet de garantir la liberté de culte pour les minorités religieuses, mais qu'il faudrait renforcer la protection de cette liberté en pratique.

« Dans ce contexte, le droit à la conversion doit être partie intégrante de la liberté de culte », a souligné M. Bielefeldt en appelant à une meilleure protection des Bahaïs, des Yarsanis, des Derviches et autres groupes religieux qui ne sont pas reconnus par la Constitution iranienne.


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