Myanmar : un expert de l'ONU salue la libération de plusieurs prisonniers d'opinion

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Myanmar, Tomás Ojea Quintana. Photo ONU/Pierre-Michel Virot

20 septembre 2012 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Myanmar, Tomás Ojea Quintana, a salué jeudi la récente grâce présidentielle qui a permis la libération de plusieurs prisonniers d'opinion, tout en renouvelant son appel à la libération immédiate, systématique et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques dans le pays.

« Je me félicite des démarches du gouvernement du Myanmar pour libérer les prisonniers d'opinion restants. Je pense que cette question doit rester prioritaire dans le cadre des réformes qui sont actuellement menées au Myanmar jusqu'à la libération du dernier d'entre eux », a déclaré M. Quintana dans un communiqué de presse.

« Il faut franchir un seuil décisif pour dépasser l'héritage du passé et veiller à ce qu'aucun de ces prisonniers ne soit oublié. Cela exige des efforts considérables de la part du gouvernement, en concertation avec les parties prenantes, telles que les organisations politiques et la société civile, afin de connaître le nombre exact de prisonniers d'opinion restants et établir un mécanisme de suivi permettant un accès aux prisons », a-t-il souligné.

Parmi ceux qui ont été libérés, se trouve U Khaymar Sara, un moine bouddhiste détenu depuis les manifestations de septembre 2007, et à qui M. Quintana avait rendu visite dans la prison d'Insein lors de son dernier voyage en août de cette année.

Le Rapporteur spécial a cependant exprimé sa préoccupation concernant le fait que la libération pourrait être soumise à conditions, exhortant le gouvernement à garantir la réinsertion sociale des anciens détenus et à leur fournir des services de santé et de soutien psychosocial, en particulier lorsqu'il s'agit de prisonniers ayant été soumis à de mauvais traitement ou l'objet d'une mise à l'isolement.

« Le gouvernement doit aussi prendre davantage de mesures positives, telles que l'octroi de réparations, la levée des restrictions pour le renouvellement de passeports et l'élimination des obstacles pour reprendre des études ou des professions », a indiqué l'expert indépendant de l'ONU.

M. Quintana a renouvelé son appel au gouvernement du Myanmar pour que soient libérés l'ensemble des prisonniers d'opinion qui restent dans le pays dans le cadre du processus de transition démocratique et de réconciliation nationale. Cela concerne notamment le Directeur de l'organisation des défenseurs des droits de l'homme, Myint Aye, ainsi que Aung Naing, qui a passé 16 ans en prison.

« Des gens comme eux ont certes été inculpés en vertu du code pénal du Myanmar, mais je pense que la vraie raison de leur condamnation est leur opposition au gouvernement de l'époque ou parce qu'ils ont été privés d'un procès équitable. Ces personnes ne doivent pas être oubliées », a souligné M. Quintana.


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