Les violences contre les femmes et l'impact des industries extractives préoccupent les autochtones

Le rapporteur spécial James Anaya. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

18 septembre 2012 – Les violences à l'égard des femmes et des filles et l'impact des industries extractives sont au nombre des préoccupations premières des populations autochtones, a déclaré mardi le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales de ces peuples, James Anaya.

« Une question récurrente portée à mon attention est celle des violences perpétrées à l'encontre de femmes et des filles autochtones », a indiqué M. Anaya au Conseil des droits de l'homme, actuellement en session à Genève.

L'an dernier, le Rapporteur spécial a coopéré avec divers pays, agences des Nations Unies et peuples autochtones dans le cadre d'une série de missions visant à évaluer les défis auxquels sont confrontés quotidiennement ces peuples. Dans ce cadre, il a fait des recommandations aux États en matière de pratiques optimales et s'est penché sur les allégations de violations des droits de l'homme.

M. Anaya a déclaré qu'au cours de ses consultations avec des représentants d'organisations autochtones, ceux-ci avaient souligné le besoin d'une approche holistique pour mettre fin aux violences à l'égard des femmes et filles autochtones. La mise en œuvre de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones est selon lui déterminante pour répondre à cette question.

Adoptée par l'Assemblée générale en septembre 2007 après plus de deux décennies de délibérations, cette Déclaration couvre les droits individuels et collectifs des peuples autochtones dans tous les domaines : culture, identité, langue, accès à l'emploi, santé ou encore éducation.

« L'autodétermination des autochtones et leur intégrité culturelle doivent être renforcées, de même que la répression des violences contre les femmes et les filles de ces communautés », a indiqué le Rapporteur spécial.

Abordant ensuite le problème des relations tendues avec les industries extractives, M. Anaya a rappelé que celles-ci prenaient rarement la peine de consulter les populations autochtones établies sur un territoire donné avant de commencer à prospecter.

« L'accent est maintenant mis sur des principes très clairs de consultation et de consentement libre, préalable et éclairé », a-t-il relevé, avant de dire qu'une approche constructive consisterait à s'aligner sur les droits fondamentaux des autochtones pouvant être touchés par l'extraction des ressources naturelles.

Ces droits comprennent en particulier les droits de propriété sur les terres et les ressources naturelles qui s'y trouvent, les droits culturels et religieux, le droit à la santé et le droit des peuples autochtones à définir et poursuivre leur propre développement, dans le cadre de leur droit fondamental à l'autodétermination.

Le Rapporteur spécial a annoncé qu'il préparait une étude sur les industries extractives, qui contiendra un éclairage sur plusieurs modèles d'exploitation des ressources naturelles accordant une plus grande place aux populations autochtones.

Au cours de son intervention, M. Anaya a également présenté ses rapports sur la situation des peuples autochtones en Argentine et aux États-Unis, réitérant qu'en dépit de mesures positives prises par les gouvernements de ces deux pays pour améliorer leurs conditions de vie, il restait encore beaucoup à faire.


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