Navi Pillay appelle la Thaïlande à suivre les recommandations de sa Commission Vérité et réconciliation

La Haut commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

18 septembre 2012 – La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a salué mardi la publication du rapport de la Commission Vérité et réconciliation de Thaïlande, appelant cette nation du Sud-Est à mettre en œuvre ses recommandations afin de promouvoir la reddition de comptes et la compréhension au sein des différentes couches de la société thaïe.

« En dépit d'un mandat limité et de difficultés initiales, la Commission a mené une enquête importante sur les violences politiques et les droits de l'homme en Thaïlande », s'est félicité Navi Pillay. « Le gouvernement royal thaïlandais a désormais la responsabilité de prendre acte de ces recommandations, en tenant pour comptables les responsables gouvernementaux et en remédiant aux faiblesses institutionnelles identifiées dans le rapport.»

En avril et mai 2010, des manifestations s'étaient terminées dans un bain de sang, dans lequel 92 personnes avaient été tuées et des milliers d'autres blessées. Le 6 juillet 2010, le gouvernement avait établi la Commission avec pour mandat de faire la lumière sur cet incident. Si le rapport final n'établit pas les responsabilités directes dans la mort de ces manifestants, il présente en revanche des conclusions substantielles, étayées par des preuves médicolégales, et recommande de lancer une action urgente pour faire traduire les auteurs de ces actes en justice, a relevé la Haut Commissaire.

Au nombre de ses recommandations, le rapport souligne l'importance d'une armée neutre qui s'abstienne de toute ingérence dans la conduite des affaires politiques, la nécessité de renforcer l'indépendance de la justice, ainsi qu'une proposition visant à réviser l'article 112 du code pénal afin de renforcer la liberté d'expression en Thaïlande.

« Lancer les réformes juridiques et institutionnelles recommandées dans le rapport renforcera la démocratie », a assuré Mme Pillay. « Faire traduire les auteurs de ces actes en justice ne constituera pas seulement un précédent important pour la Thaïlande, mais aussi pour l'Asie du Sud-Est dans son ensemble », a-t-elle estimé.

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a exprimé à plusieurs reprises des préoccupations quant à la préservation des preuves réunies par la Commission. Mme Pillay a donc exhorté le gouvernement à prendre des mesures à cette fin. Un autre rapport sur les violences politiques de 2010 devrait être prochainement rendu public par la Commission nationale des droits de l'homme de Thaïlande.


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